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POLITIQUES

Les PME à la peine

LA RÉDACTION, LE 1er OCTOBRE 2008
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Les entreprises françaises ne semblent pas avoir compris l'importance de Reach. À quelques semaines de la fin de la période de pré-enregistrement des substances chimiques (lire notre dossier p. 47), elles ne seraient que 734 à l'avoir fait. « Un décalage préoccupant » pour la secrétaire d'État à l'Écologie qui annonçait mi-septembre que la France ne représentait que 7,5 % du nombre de pré-enregistrements, très loin derrière l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Italie. Et il a de quoi véritablement inquiéter Jean-Louis Borloo, qui défend les ambitions de son ministère sur l'idée que l'industrie a tout à gagner du développement durable en termes de marchés et d'emplois. D'autant plus que l'étude commandée à In Numeri par l'ACFCI pour le congrès annuel des chambres de commerce et d'industrie fait apparaître le poids considérable des PME-TPE au sein des éco-industries françaises (lire p. 10). Elles en réalisent, tous secteurs confondus, plus de la moitié du chiffre d'affaires et jusqu'à 60 % sur le secteur de l'énergie, au coeur même des lois Grenelle. C'est dire que la difficulté à mobiliser celles qui sont le moteur de la révolution industrielle verte annoncée est alarmante. Pour Reach, les PME ne cachent pas leur difficulté à intégrer un système qu'elle juge très complexe malgré les réels et répétés efforts d'information des pouvoirs publics relayés par les fédérations professionnelles et les chambres consulaires. Et plus globalement, elles peinent à suivre un renforcement des réglementations qui s'accompagne toujours d'une complexification des procédures d'enregistrement, de suivi, d'agrément... Difficile pour elles d'y faire face avec des moyens humains et techniques souvent impossibles à mobiliser. Autre difficulté à prévoir, la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée. Une étude récente de l'Ademe prévoit une progression de 130 % de l'emploi sur les seuls secteurs de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables. Les PME, et encore plus les TPE, peinent à attirer des jeunes, bien formés et suffisamment rares sur le marché pour faire monter les enchères. Face à ces interrogations, il faut espérer que les propositions du Comité stratégique des éco-industries installé en juillet pour « transformer les nouvelles contraintes environnementales en opportunités industrielles » soient solides. Elles seront présentées à Pollutec en novembre prochain.


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