Les fédérations professionnelles de transport routier ont réussi à enterrer définitivement l'écotaxe dont l'expérimentation à blanc avait démarré le 1er octobre. Leur menace de mobilisation pour la semaine du 13 octobre a donné le coup de grâce au dispositif. Dès la semaine prochaine, « un groupe de travail de co-construction d'une solution » se mettra en place avec toutes les parties prenantes. Cette décision clôt lamentablement le rapport de force entre pouvoirs publics et transporteurs qui avait commencé avec le mouvement des bonnets rouges bretons. La destruction de nombreux portiques et d'importantes manifestions avaient eu raison de l'écotaxe remplacée par le péage de transit poids-lourds.
Un premier recul qui avait ramené de 15 000 à 4000 km les routes concernées et fait passer les recettes d'un milliard à 550 millions d'euros sans parler du dédommagement de près de 850 millions d'Ecomouv, l'entreprise qui devait mettre en place et exploiter le système. Les réactions sont nombreuses, à commencer par la ville de Paris qui comptait sur les 5 millions d’euros par an de recettes collectées sur le périphérique. « Nous sommes dans le brouillard le plus total quant aux intentions de l'Etat », confie Christophe Najdovski, élu parisien en charge des transports. Curieusement, les collectivités, hormis les conseil régional de Lorraine où est implanté Ecomouv et ses 300 emplois directs et indirects, restent discrètes alors qu'elles sont directement impactées à travers le financement compromis des transports collectifs. Seuls les écologistes « dénoncent le signal déplorable envoyé par le gouvernement ».
Les pistes de financement des transports s'orientent maintenant vers les sociétés d'autoroutes. Ségolène Royal milite pour taxer les sociétés d'autoroutes alors que Jean-Paul Chanteguet, président de la commission développement durable de l'Assemblée nationale préconisait dans le rapport de mission d'information sur l'écotaxe poids-lourds « d'engager une opération de rachat des concessions autoroutières afin que l'Etat en reprenne le contrôle ». Le débat ne fait que commencer.