C
ontrairement à ce que l'on entend souvent, se mettre au dé ve lop pement durable ne coûte pas forcément cher, annonce Michel Maya, maire de Tramayes. Écono miser les premiers kilowattheures en appliquant une politique de sobriété énergétique est facile et peu onéreux. » Et il sait de quoi il parle : sa commune d'à peine 1 000 habitants a pris différentes mesures sur l'éclairage public en 2008, pour un investissement de 2 400 euros (dont seulement 800 à sa charge, grâce aux aides accordées par le conseil général et le Syndicat départemental de l'énergie de Saône-et-Loire). « L'économie annuelle réalisée sur l'éclairage grâce à cet investisse ment s'élève à 1 000 euros », s'enorgueillit le maire. Une dépense rentabilisée en moins d'un an…
Pour des investissements plus conséquents, les temps de retour ne sont pas les mêmes, mais les économies sont encourageantes. À Rennes, les travaux de rénovation réalisés sur les bâtiments municipaux portent déjà leurs fruits. « Notre patri moine augmente d'environ 5 % par an, mais grâce aux travaux, nous avons malgré tout écono misé environ 10 000 MWh sur cinq ans, soit 900 000 euros en moins sur la facture d'énergie », note Daniel Guillotin, conseiller municipal délégué à l'écologie urbaine à la ville de Rennes. Pour Nicolas Garnier, secrétaire général d'Amorce, la solution la plus simple pour faire rapidement des économies est d'embaucher un économe de flux. « Un tel poste peut s'amortir en seulement six mois, juste en faisant le tour des bâtiments », estime-t-il.
C'est dans cette logique que l'agglomération de Poitiers, engagée dans une démarche Cit'ergie1 , a créé un service chargé de l'énergie, qui suit l'amélioration des consommations. « Nous nous sommes fixé l'objec tif de diminuer nos consomma tions pour au moins maintenir le montant de notre facture. Ce qui est ambitieux dans un contexte d'augmentation constante du patrimoine et des prix de l'éner gie, explique Patrick Coronas, vice-président de l'agglomération à la qualité environnementale. Grâce à la lutte permanente du service en charge de l'énergie, nous y parvenons depuis deux à trois ans. » Les consommations totales des bâtiments ont ainsi diminué de 7 % entre 2008 et 2013, malgré une hausse des surfaces de 10 %. L'agglomération a par ailleurs profité d'une remise à plat des contrats d'énergie, qui ont été réajustés et renégociés. « Les consommations et les appareils changent, et il faut donc révi ser les contrats en fonction des consommations réelles. Mais les collectivités ignorent souvent qu'il est possible de le faire », poursuit Patrick Coronas. Pourtant, les bénéfices sont là : en adaptant le contrat de l'éclairage public, l'agglomération de Poitiers a économisé, par quartier, 12 000 euros, uniquement sur l'abonnement ! Un exemple qui devrait motiver d'autres collectivités à se pencher sur la question. l