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One Planet Summit : les principales annonces

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One Planet Summit : les principales annonces
Par Eva Gomez, le 13 décembre 2017
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Mardi 12 décembre se tenait le One Planet Summit, organisé par la France, la Banque Mondiale et l’ONU. La question du financement de la lutte contre le réchauffement climatique était au coeur de cette journée : adaptation, abandon des énergies fossiles, investissements privés… Retour sur les principales annonces du sommet.

« On est en train de perdre la bataille », a concédé Emmanuel Macron en ouverture de la séance plénière du One Planet Summit, qui se tenait le mardi 12 décembre à Boulogne-Billancourt. Réunissant une cinquantaine de chefs d’État, représentants de délégations internationales, chefs d’entreprises, fonds d’investissement, présidents d’ONG et quelques représentants de la société civile, ce sommet a placé le curseur de l’urgence climatique sur la finance. Cette dernière « n’est plus une ennemie », s’est exclamé Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances français, et en première ligne des gros chantiers : l’adaptation et l’atténuation, qui ont fait figure de maîtres mots.

Le difficile accès aux fonds

Deux ans après la signature de l’Accord de Paris et les promesses d’investissements de la part des pays développés pour la résilience des pays vulnérables, la rupture entre les pays du Nord et du Sud continue de se faire sentir. « Deux ans après la décision politico-économique prise à Paris, on attend encore les investissements », a déclaré le président haïtien Jovenel Moïse. Et de marteler : « Les ouragans ne vont pas nous attendre ». Les Etats insulaires tels que Haïti, l’Ile Maurice ou encore les Fidji, ont en effet souligné l’urgence de simplifier l’accès à ces financements. « Il faut convaincre la communauté internationale de changer la classification de nos pays à l’OCDE, pour que nous n’ayons plus à attendre quatre à cinq ans pour accéder aux investissements », ont insisté les chefs d’Etat des Caraïbes et de Haïti. Le Premier ministre fidjien et président de la COP23, Frank Bainimarama, explique qu’« aux yeux des bailleurs sociaux, la résilience et l’adaptation n’ont pas de retour sur investissement et les actions ne sont pas menées ». Même problématique pour les pays africains, et notamment d’Afrique de l’Ouest, fortement touchés par l’érosion des côtes ou la sécheresse. L’Initiative africaine d’adaptation bénéficie de 500 millions de dollars par an (soit 425 millions d’euros), et aurait besoin de 11 milliards de dollars (environ 9,3 milliards d’euros), selon la Banque africaine de développement ;

Des annonces pour le financement de l’adaptation

Cette journée a été l’occasion d’annoncer des programmes et mesures afin de développer les investissements pour l’adaptation : La Fondation Bill Gates, la Commission européenne et d’autres Etats dont la France, ont lancé un programme de financement de 650 millions de dollars (environ 553 millions d’euros) pour l’adaptation agricole, en particulier dans les pays d’Afrique. L’Agence française de développement (AFD) a signé les premiers accords sur la Facilité Adapt’Action, un programme de financement de l’adaptation des pays vulnérables au changement climatique : doté de 30 millions d’euros pour quatre ans, la Facilité Adapt’Action compte accompagner 15 pays. Pour l’instant, la République de Maurice, l’Union des Comores, le Niger et la Tunisie sont impliqués. Par ailleurs, deux banques de développement, cinq alliances représentant plus de 450 signataires issus de 94 pays, et 47 entreprises se sont engagées à créer une plateforme d’incubation de projets. L’objectif est de financer 100 projets en Afrique en cinq ans, pour l’eau et le climat, en mettant « efficacement en relation les bailleurs et les acteurs de terrain, avec un montant initial de 20 millions d’euros à investir sur la période ». A noter que les ONG ont fait valoir à plusieurs reprises, le rôle des femmes dans l’action contre le climat et l’adaptation, ou encore l’importance de la micro-finance pour développer des petits projets locaux.

La Banque Mondiale tourne le dos aux énergies fossiles

Au-delà de l’adaptation, une annonce a retenu l’attention : Jim Yong Kim, président de la Banque Mondiale a annoncé que l’institution va arrêter de financer les projets d’exploitation de pétrole et de gaz à partir de 2019. Catherine Abreu, membre du « Climate Action Network Canada » estime que « le plan de la Banque mondiale est particulièrement frappant étant donné qu’il est exhaustif - il couvre le monde entier, pas seulement les pays plus riches » et qu’il « permettra de dégager des investissements semblables dans les énergies renouvelables ». De même, le géant de l’assurance, Axa, a décidé de stopper le financement de tous les projets d’immobilier, de construction, routiers, qui utilisent du charbon. Des désinvestissements de 2,4 milliards d’euros des actifs d’Axa dans le charbon et de 700 millions d’euros dans les sables bitumineux ont en effet été annoncés. Parmi les autres annonces, retenons notamment l’engagement de quinze pays dans la coalition pour la neutralité carbone, dont le Brésil, la Finlande, la France, le Portugal, le Costa Rica, l’Ethiopie ou encore le Mexique. Par ailleurs, huit pays se sont engagés à oeuvrer pour les transports décarbonés, et 34 Etats se sont engagés à la réduction des émissions du transport maritime. Enfin, l’Union européenne a annoncé de nouveaux investissements pour le climat à hauteur de 9 milliards d’euros.

L’engagement des entreprises

Fin novembre, la présidente de la Fondation européenne pour le climat, Laurence Tubiana, indiquait que jusqu’ici dans les négociations sur le climat, « les grandes industries très émettrices sont restées sous les radars ». Elle espérait que ce sommet changerait la donne. En effet, plusieurs annonces ont redoré le blason des entreprises polluantes, dont le lancement de l’initiative Climate Action 100+ par 225 investisseurs mondiaux, représentant une gestion d’actifs totale de 26.000 milliards de dollars (soit 22.000 milliards d’euros). L’objectif : accompagner les entreprises internationales - dont certaines des plus émettrices de gaz à effet de serre - dans une démarche d’investissements écoresponsables, afin de réduire leurs émissions en cinq ans. Aussi, 237 entreprises se sont engagées à suivre les recommandations du réseau Task Force on Climate Disclosure (TFCD). « L’initiative doit permettre d’accélérer la prise en compte des enjeux climatiques dans la supervision financière et dans le refinancement des marchés secondaires (banques commerciales) pour promouvoir un développement ordonné de la finance verte », explique un communiqué de presse.

Macron, leader pour le climat ?

Avec une arrivée symbolique en bateau sur la Seine Musicale où se déroulait le sommet, Emmanuel Macron, qui a convoqué ce sommet mondial au lendemain de la sortie des Etats-Unis de l’Accord de Paris, s’est imposé comme maître de cérémonie, faisant de l’ombre au secrétaire générale de l’ONU et au président de la Banque Mondiale, co-organisateurs de l’événement. Plusieurs chefs d’État présents ont même placé le Président français en « leader mondial sur le climat ». Pourtant, l’annonce de l’investissement français de 1,5 milliards d’euros par an en 2020 pour l’adaptation a déçu les ONG. Oxfam France attendait « de la France qu’elle double ses financements pour l’adaptation au changement climatique pour atteindre 2,4 milliards d’euros par an d’ici 2022. Nous ne cachons pas notre déception face à une annonce insuffisante qui ne prend pas au sérieux les impacts croissants du changement climatique sur les populations les plus pauvres ». L’association estime que « cette annonce ne change pas radicalement la tendance : en 2020, la France consacrera à peine un tiers de ses financements climat à l’adaptation, alors même que l’Accord de Paris vise un équilibre entre réduction des émissions et adaptation : le message ainsi envoyé aux autres pays donateurs, et aux populations vulnérables, alors que la France prétend montrer l’exemple en matière de lutte contre le changement climatique, n’est pas du tout à la hauteur des enjeux ».

En clôture du sommet, Emmanuel Macron a fait connaître sa volonté de renouveler cette « réunion de chantier » chaque année.
Lors de l'ouverture de la séance plénière, le 12 décembre 2017. Crédit : Eva Gomez
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