Abonnements Découvrez nos formules print et numérique Accès abonnés Voir nos offres
Menu

POLITIQUES
POLLUTEC 2018
EAU
RECYCLAGE
ÉNERGIE
TERRITOIRES
CLEANTECH
POLITIQUES
POLLUTIONS
BIODIVERSITÉ
MOBILITÉ

Etude : l’océan offre 13 solutions pour lutter contre les changements climatiques

Partager :
Etude : l’océan offre 13 solutions pour lutter contre les changements climatiques
Par Eva Gomez, le 5 octobre 2018
Découvrez notre newsletter gratuite Politiques
Une équipe de chercheurs de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et de Sorbonne Université, a publié ce jeudi 4 octobre, un rapport qui évalue le potentiel de 13 solutions fondées sur l’océan afin de lutter contre les changements climatiques.

L’étude « Ocean Solutions Initiative » regroupe, pour la première fois, les solutions apportées par l’océan afin de répondre aux enjeux climatiques. Publié ce jeudi 4 octobre dans Frontiers in Marine Science, ce rapport passe en revue treize solutions et les classe selon quatre catégories : la réduction des causes du réchauffement climatique, la protection des écosystèmes, le contrôle des radiations solaires et la manipulation biologique.

Jean-Pierre Gattuso, chercheur au CNRS, souligne que l’océan est à la fois « acteur et victime du réchauffement climatique », en rappelant qu’il absorbe 93 % de la chaleur et un quart des émissions de gaz carbonique rejetées dans l’atmosphère. « A ce jour, la température de l’eau à la surface des océans a augmenté de 0,8°C, l’acidité de l’océan a augmenté de 30 % et son niveau a augmenté de presque 20 cm », ajoute-t-il. Sans atténuation des émissions de gaz à effet de serre, d’ici 2100, la température des océans aura augmenté de 3,2°C, son pH aura diminué de 0,40 unités (- 0,11 aujourd’hui) et le niveau aura augmenté de 0,9 mètres.

Quatre catégories de solutions

Après avoir analysé plus de 1000 publications scientifiques, les chercheurs ont identifié treize solutions fondées sur les océans pour atténuer les changements climatiques. Cinq de ces solutions ont été identifiées dans la catégorie « réduction des causes des changements climatiques », à savoir : les énergies marines renouvelables, la restauration et la conservation de la végétation et notamment des mangroves, la fertilisation de l’océan – un procédé qui consiste en ajouter du fer pour stimuler la photosynthèse et stocker du CO2 – l’alcanisation (pour lutter contre l’acidification des océans), ainsi que des méthodes hybrides ayant pour but d’augmenter le stockage de CO2 dans les océans. D’autres solutions concernent la protection des écosystèmes existants et consistent principalement en restaurer l’hydrologie ou réduire les pollutions afin de protéger les végétaux. « Ces méthodes n’ont pas un intérêt capital pour diminuer le réchauffement climatique, mais ils possèdent de nombreux co-bénéfices », souligne Jean-Pierre Gattuso.

Une troisième catégorie de solutions regroupe des techniques de géo-ingénierie, afin de contrôler la radiation solaire : on trouve par exemple l’augmentation du pouvoir réfléchissant des nuages et l’augmentation du pouvoir réfléchissant de la surface de l’océan, en produisant une mousse océanique de longue durée. Enfin, le rapport identifie deux solutions de manipulation de l’adaptation biologique et écologique : « il s’agit par exemple de sélectionner les espèces les plus résistantes d’algues symbiotiques, pour assister l’évolution des coraux », explique Jean-Pierre Gattuso. Ou encore de relocaliser certains écosystèmes, notamment les récifs coralliens.
 


Combiner méthodes globales et locales

« Nous avons évalué chacune des solutions identifiées de manière quantitative, selon huit critères, dont leur coût, leur efficacité, leur faisabilité technique, les co-bénéfices qu’elles engendrent ou encore leurs effets collatéraux négatifs », explique le chercheur du CNRS. A partir de cette évaluation, l’équipe a pu établir une classification de ces solutions : certaines sont jugées « incertaines ou risquées ». C’est le cas des solutions de géo-ingénierie, qui « pourraient avoir une grande efficacité au niveau global, mais pourraient également engendrer des effets collatéraux négatifs sur les organismes marins, qui ne sont pas encore clairement identifiés », remarque Jean-Pierre Gattuso. « Par ailleurs, si elles fonctionnaient, ces méthodes seraient un remède sur les symptômes des changements climatiques et non sur les causes », souligne-t-il. Les méthodes de manipulation des écosystèmes sont également incertaines selon les scientifiques. « Leur efficacité est très limité », estime le chercheur : « Un pansement sur une jambe de bois ». Les solutions de protection des écosystèmes (éviter la surpêche, réduire les pollutions, etc.) sont quant à elles jugées « sans regret ». Elles ont un impact local important, sont a priori peu coûteuses et « faciles » à mettre en œuvre, mais « leur efficacité est modeste pour résoudre le problème global », relève l’étude. Enfin, deux solutions sont considérées comme « décisives » : le déploiement à grande échelle des énergies marines renouvelables et la restauration/conservation de la végétation. « Ces solutions n’ont pas d’effets collatéraux significatifs sur les écosystèmes, sont efficaces et possèdent des co-bénéfices importants », martèle Alexandre Magnan, chercheur de l’Iddri.

Avec cette publication, « les chercheurs souhaitent éclairer les décideurs qui se retrouveront début décembre prochain à Katowice (Pologne) pour la COP24 ». Selon eux, « ces options doivent faire l’objet d’une attention particulière de la communauté internationale ». Il s’agirait selon les scientifiques, de réussir à combiner des solutions à impact global et local, en prenant compte de toutes leurs caractéristiques.
DR
Tous nos articles à partir de 8,99 €
JE M'ABONNE
S'identifier
S'inscrire
S'abonner
S'abonner
S'abonner
S'abonner
Les interviews Pollutec 2018 :
Des bétons intelligents au service du bâtiment
Voir toutes nos interviews Pollutec 2018
En partenariat avec
À lire également
L’AP-HP lance un appel à manifestation d’intérêt sur le développement durable
L’AP-HP lance un appel à manifestation d’intérêt sur le développement durable
L’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a lancé le 8 novembre dernier, un appel à manifestation d’intérêt (AMI) sur le développement durable, afin de « verdir » les hôpitaux.
Climat : en octobre, les températures étaient au-dessus de la moyenne constatée entre 1981 et 2010
Climat : en octobre, les températures étaient au-dessus de la moyenne constatée entre 1981 et 2010
D’après le programme européen de surveillance de la Terre, Copernicus Climate Change Service (C3S), la température moyenne de l’air à la surface de la Terre en octobre dernier était de 0,5°C supérieure à la moyenne constatée entre 1981 et 2010.
COP 24 : une conférence déterminante dont Washington reste partie prenante
COP 24 : une conférence déterminante dont Washington reste partie prenante
C’est une COP cruciale : les modalités d’application de l’Accord de Paris et le rehaussement des ambitions doivent être décidés, mi-décembre, à Katowice en Pologne.
Le programme Copernicus va surveiller les émissions de CO2 en Europe
Le programme Copernicus va surveiller les émissions de CO2 en Europe
Alors que la COP 24 a débuté à Katowice en Pologne, le programme Copernicus de l'Union Européenne va surveiller les émissions de CO2 générées par les activités humaines grâce à une nouveau service fondé sur l'Observatoire de la Terre.
Moratoire sur la fiscalité des carburants : « une très mauvaise nouvelle pour l'environnement »
Moratoire sur la fiscalité des carburants : « une très mauvaise nouvelle pour l'environnement »
Ce mardi 4 décembre, dans un contexte social fortement marqué par le mouvement de contestation des « gilets jaunes », le Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé un moratoire sur la hausse des taxes sur les carburants.
La stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée est adoptée
La stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée est adoptée
La stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée a été adoptée le mardi 13 novembre.
Tous les articles Politiques
Événements
12èmes Rencontres AMORCE et Eco-organismes
16 Janvier 2019
12èmes Rencontres AMORCE et Eco-organismes
Assises Transition Energétique
22 Janvier 2019
Assises Transition Energétique
Le Carrefour de l’Eau
30 Janvier 2019
Le Carrefour de l’Eau
+ D'ÉVÉNEMENTS
Rubriques
Eau
Recyclage
Énergie
Territoires
Cleantech
Politiques
Pollutions
Biodiversité
Mobilité
Réseaux sociaux
Facebook
Twitter
LinkedIn
Youtube
Magazines
BTP Magazine
BTP Rail
Environnement Magazine
Hydroplus
Mat Environnement
Planète B
Réseaux VRD
Terrassements & Carrières
Services
Pages d'aide (FAQ)
Newsletters
Agenda
Abonnés
RGPD 2018
CGV (digital)
CGV (magazines)
CGV (pub)
Nous contacter
L’équipe
Mentions légales
constructioncayola.com est un site du Groupe Cayola.