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POLLUTIONS

Opération démazoutage sur une île bretonne

LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2012
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Remontons le temps jusqu'en 1967. À l'époque, à défaut de solutions de traitement, des déchets de la marée noire liée au naufrage du Torrey Canyon sont enfouis sur l'îlot privé d'Er, juste derrière un cordon de galets qui longe la mer. Ces fosses à mazout ont aussi, probablement, accueilli des dépôts de l'Amoco Cadiz. Puis ce fut l'oubli, jusqu'à il y a seulement quatre ans, quand une action de l'association Robin des bois incite le ministère de l'Écologie à déterrer le dossier... Des scénarios de réhabilitation du site sont alors explorés. « Le contexte était inédit, car le stockage est à ciel ouvert, difficile d'accès et dans une zone Natura 2000. Il a fallu faire dans la dentelle », souligne Alexis Lunel, chef de projet à l'Ademe-Pays de la Loire, qui a pris l'an dernier les rênes de l'opération. Pour la préparer, un comité de pilotage réunit les services de l'État, des associations environnementales, la propriétaire de l'île et le maire de Plougrescant. Il décide de bouleverser le moins possible l'écosystème local et d'intervenir avant la période de nidification des oiseaux, principaux résidents de l'île. Une étude est d'ailleurs commandée à des ornithologues pour évaluer l'impact du chantier sur l'avifaune. La maîtrise d'oeuvre est confiée à Burgeap, les travaux de dépollution à l'entreprise Soléo Services. Un écologue du bureau d'études TBM oriente les choix du premier et le Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux ( Cedre), les actions du second. « On a contribué à l'élaboration du cahier des charges et suivi le chantier jusqu'à sa clôture, en novembre dernier », confirme Florence Poncet, chef de projet au Cedre. C'est par hélicoptère que les 400 tonnes de déchets sont évacuées. « Moins que prévu, mais l'évacuation par barges était trop compliquée à cause des marées et le roulage d'engins sur l'île aurait dégradé la flore. On a donc opté pour l'héliportage jusqu'à une zone temporaire de stockage sur le continent », explique Alexis Lunel. Sa création sur un parking de Plougrescant a nécessité une autorisation ICPE. Deux flux y ont été triés : des blocs pâteux de pétrole certes dégradés, mais pas entièrement secs - au grand étonnement des experts - et des sables et terres souillés. Les premiers ont été incinérés chez Sedibex, au Havre. Les seconds ont pu être traités biologiquement par Biogénie, dans l'Essonne. Les galets souillés ont bénéficié d'un traitement de faveur. « Aucun n'a été jeté. On les a nettoyés sur place grâce à un dispositif développé pour l'Erika. Même les eaux de lavage ont été récupérées », précise Florence Poncet. Des échantillons ont été isolés, pour analyses. Prochaine étape, le bilan complet de l'expérience, au coût estimé à 500 000 euros.


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