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POLLUTIONS

Déchets radioactifs : ce que révèle l’inventaire de l’Andra

A.A, LE 16 FÉVRIER 2026
\ PUBLIÉ DANS ENVIRONNEMENT MAGAZINE N° 1824
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Déchets radioactifs : ce que révèle l’inventaire de l’Andra
Déchargement d'un colis de déchets FMA en béton devant une alvéole du CSA. Crédits : Andra Adrien DASTE
L’édition 2026 des « Essentiels » de l’Inventaire national des matières et déchets radioactifs, publiée par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), dresse un panorama actualisé des stocks français à fin 2024. Le document confirme une augmentation régulière des volumes, décrit le degré d’avancement des solutions de gestion et met en évidence plusieurs échéances et incertitudes structurantes pour les années à venir.

Comme chaque année, l’Inventaire national constitue une photographie de référence des substances radioactives présentes sur le territoire français. L’exercice 2026, arrêté au 31 décembre 2024, ne modifie pas les grandes tendances observées lors des précédentes éditions, mais apporte des précisions chiffrées utiles au débat public, dans un contexte de relance des discussions sur la place du nucléaire dans la politique énergétique française.

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Au total, 1,89 million de mètres cubes de déchets radioactifs avaient été produits en France à la fin de l’année 2024. La progression annuelle, évaluée à 40 000 m³, correspond à la production courante des quelque mille détenteurs recensés par l’inventaire. Cette évolution s’inscrit dans une trajectoire régulière, sans variation brutale d’une année sur l’autre.

Le secteur électronucléaire demeure la principale source de déchets, représentant 61,5 % des volumes recensés. Mais le rapport rappelle que plus d’un tiers des déchets proviennent d’activités souvent moins visibles dans le débat public : recherche, défense, industrie non électronucléaire et médecine nucléaire. Cette répartition souligne que la question des déchets radioactifs dépasse largement la seule production d’électricité et renvoie à un usage transversal des technologies nucléaires dans la société.

Une majorité de déchets déjà orientés vers des solutions existantes
Selon l’inventaire, plus de 90 % des déchets produits disposent d’une solution de gestion identifiée et opérationnelle. Il s’agit essentiellement de déchets de très faible activité (TFA) et de faible et moyenne activité à vie courte (FMA-VC), pris en charge dans les centres de stockage de surface exploités par l’Andra dans la Manche et l’Aube.

Cette situation reflète un cadre de gestion stabilisé pour les déchets les moins radioactifs. En revanche, le rapport souligne que les déchets de faible activité à vie longue (FA-VL), qui représentent environ 6 % des volumes, ne disposent pas encore d’une solution de stockage définitivement arrêtée. Des études sont toujours en cours pour déterminer les modalités techniques et les sites susceptibles de les accueillir, ce qui constitue un point de vigilance à moyen terme.

Les déchets les plus radioactifs concentrent les enjeux
Les déchets de haute activité (HA) et de moyenne activité à vie longue (MA-VL) occupent une place centrale dans le rapport. Bien qu’ils ne représentent que 3 % du volume total, ils concentrent plus de 99 % de la radioactivité de l’ensemble des déchets radioactifs français. Leur gestion soulève des enjeux spécifiques en matière de sûreté, de durée de confinement et de gouvernance sur le long terme.

Pour ces déchets, la solution envisagée reste le projet Cigéo, centre de stockage géologique profond. Le calendrier réglementaire a franchi plusieurs étapes. Après la publication, le 4 décembre 2025, de l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection sur la demande d’autorisation de création, la prochaine échéance identifiée est l’organisation d’une enquête publique à l’automne 2026.

À l’issue de cette procédure, la parution du décret d’autorisation est envisagée au début de l’année 2028. Selon l’inventaire, environ la moitié des déchets destinés à Cigéo ont déjà été produits, ce qui confère à ce calendrier une importance particulière. La concrétisation du projet reste toutefois conditionnée à l’aboutissement de l’ensemble des étapes réglementaires et aux décisions politiques associées.

Matières radioactives : des stocks importants, un avenir incertain
Le rapport distingue clairement les déchets des matières radioactives, ces dernières correspondant à des substances pour lesquelles une utilisation ultérieure est envisagée ou possible. Les stocks de matières restent élevés, avec 352 000 tonnes d’uranium appauvri et 73 tonnes de plutonium séparé recensées à fin 2024.

Ces matières sont principalement détenues par les acteurs du cycle du combustible et les exploitants nucléaires. Leur devenir dépendra de choix technologiques futurs et de l’évolution de la stratégie énergétique française. En l’absence de débouchés industriels confirmés, la question de leur requalification éventuelle en déchets constituerait un enjeu technique et financier supplémentaire.
• Les matières radioactives sont des substances pour lesquelles une utilisation ultérieure est prévue ou envisagée. Dans le cadre de la production nucléaire actuelle, certaines de ces matières issues du traitement des combustibles sont destinées à être réutilisées comme nouveaux combustibles, tandis que d’autres sont entreposées en attendant d’être valorisées. Par exemple, le rapport recense d’importants stocks de 352 000 tonnes d’uranium appauvri et 73 tonnes de plutonium séparé.
• Les déchets radioactifs, en revanche, sont des substances pour lesquelles aucune utilisation n’est prévue. Ils sont classés selon leur niveau de radioactivité et leur durée de vie afin d’être orientés vers des solutions de stockage définitives, qu’elles soient déjà opérationnelles (en surface) ou en projet (géologique profond comme Cigéo).


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