Des PME pas comme les autres. La Fabrique écologique s'est penchée dans sa dernière note d'analyse sur les éco-PME. « Ce sujet est insuffisamment traité dans le débat public, observe Géraud Guibert, président de la Fabrique écologique. C'est bien de bâtir la nouvelle France industrielle », du nom du programme lancé par le gouvernement, « mais l'essor des écoPME requiert des mesures supplémentaires ». Qu'ont-elles de particulier ? Les PME vertes sont positionnées sur des marchés très dépendants de la réglementation. Elles se développent sur des temps longs et, bien que gourmandes en capitaux, sont confrontées à la frilosité des banques et investisseurs. Enfin, elles doivent faire face à de grands groupes, champions mondiaux dans leurs secteurs. Pour lever ces freins, la Fabrique écologique formule trois propositions. D'abord, sur la commande publique. Si les acheteurs rechignent à privilégier de jeunes sociétés innovantes, c'est souvent par crainte d'être attaqués en justice, même sans fondement, pour délit de favoritisme. Pour sécuriser le processus, « nous proposons de créer une mission nationale d'appui aux achats publics innovants », présente Frédéric Utzmann, président de Certinergy et pilote du groupe de travail. L'autre risque pour l'acheteur est financier, en cas d'échec de l'innovation par exemple. La solution : un mécanisme de garantie pour attribuer des prêts aux collectivités locales sans obligation de remboursement. Deuxième axe, la réglementation : « Le problème n'est pas qu'elle change fréquemment, juge Frédéric Utzmann. Mais qu'elle le fasse trop tardivement et/ou brutalement. » Le laboratoire d'idées réclame une révolution culturelle : s'autoriser à publier des réglementations même imparfaites et mettre en place des consultations a posteriori. La troisième idée, enfin, reprend une proposition du réseau Pexe : accorder aux éco-entreprises à fort potentiel des droits prioritaires sur certains guichets publics pour réduire les délais administratifs.