Quand on creuse en bord de mer, on a de fortes chances de trouver du sable. Pour son programme immobilier Le Royal Palm à Cannes (148 logements en R+4 sur un immense parking souterrain), le groupe Nexity a demandé à la société CCM, chargée du gros oeuvre, de recycler sur place les 10 000 m3 de sable extraits, « alors que d'ordinaire, 90 % des déblais vont en décharge, car il est impossible de les déposer sur une plage », précise Christian Roussaux, le patron de Nexity pour le Sud de la France. Il a fallu, au préalable, s'assurer que la qualité du sable était appropriée, grâce à des analyses effectuées par le cabinet niçois Sigma Béton. Cet été, deux pompes et des trieuses ont été installées afin de nettoyer le sable. Les deux tiers prélevés, 6 800 m3 précisément, ont permis de réaliser sur place 9 600 m3 de béton, les 3 000 m3 restant étant utilisés pour d'autres chantiers (remblais, stabilisation de terrains). « Ce système a en fait augmenté les coûts de 5 à 8 %, reconnaît Christian Roussaux, mais il a surtout évité une noria de 700 camions sur une route de bord de mer en pleine saison estivale », ce que la mairie ne voyait pas d'un bon oeil. Évitées également les suspensions du chantier, amendes et procédures en raison du bruit. « En définitive, nous nous y retrouvons financièrement », poursuit Christian Roussaux. Nexity a intégré ce dispositif dans son label bio-logement. Ces logements haut de gamme (vendus 8 000 %26euro;/m²) bénéficient également d'un système de clim-ventilation avec double flux recyclé, de récupération de l'eau des toitures pour l'arrosage, d'économiseurs d'eau, ou encore d'un éclairage extérieur par cellules photovoltaïques.