Certaines fonctionnalités de ce site reposent sur l’usage de cookies.
Les services de mesure d'audience sont nécessaires au fonctionnement du site en permettant sa bonne administration.
ACCEPTER TOUS LES COOKIES
LES COOKIES NÉCESSAIRES SEULEMENT
CONNEXION
Valider
Mot de passe oublié ?
RECYCLAGE & RÉCUPÉRATION

Tribune | La gestion des déchets, test de vérité des municipales 2026

LA RÉDACTION, LE 18 FÉVRIER 2026
Archiver cet article
Newsletters
Tribune | La gestion des déchets, test de vérité des municipales 2026
Eric Voisin, directeur associé de NextWaste. Crédits : DR
À l’approche des élections municipales de 2026, la gestion des déchets s’impose comme un révélateur de la crédibilité locale des futurs élus. Entre hausse continue des coûts, nouvelles obligations réglementaires, investissements ralentis et attentes citoyennes croissantes, le sujet dépasse largement la seule question environnementale : il touche à la qualité de vie, à la fiscalité locale et à l’efficacité du service public. Tribune signée par Eric Voisin, directeur associé de NextWaste.

En 2026, la gestion des déchets ne sera plus un sujet secondaire des programmes municipaux ; elle s’imposera comme un véritable révélateur de compétence opérationnelle. Derrière le mot « déchets » se cache en réalité une mécanique très concrète : des tournées à organiser avec précision, des centres de tri à moderniser, des installations à sécuriser, des agents à recruter, des budgets à équilibrer. Rien d’idéologique ; tout est logistique, technique et financier, et se joue dans l’exécution quotidienne.

PUBLICITÉ
Sur le terrain, la pression s’intensifie. Les coûts de collecte augmentent, les marchés publics deviennent plus tendus, et l’exploitation s’alourdit sous l’effet cumulé du carburant, de l’énergie, de la maintenance des équipements et des assurances liées aux risques incendie. Parallèlement, les exigences réglementaires s’accumulent : généralisation du tri des biodéchets, extension des consignes de tri, renforcement des obligations de traçabilité, hausse progressive de la TGAP. L’équation est simple : les marges de manœuvre se réduisent.

Un centre de tri qui brûle à cause de batteries mal orientées, ce sont des semaines d’arrêt, des surcoûts massifs et des flux à rediriger dans l’urgence. Une collecte mal dimensionnée entraîne des bacs débordants et nourrit immédiatement la défiance des habitants. Un déploiement précipité du tri des biodéchets produit des taux de refus élevés et fragilise l’ensemble du dispositif. Les déchets constituent un service public quotidien, visible et immédiat, qui ne tolère ni approximation ni communication creuse.

Pourtant, trop de collectivités abordent encore ce sujet sous un angle symbolique plutôt qu’opérationnel. Les objectifs sont annoncés, la transition est mise en avant, mais la réalité se joue ailleurs : dans les campagnes de prévention, dans la planification des tournées, la formation des équipes, le suivi rigoureux des performances et l’exploitation intelligente des données de flux.

La tarification incitative en fournit une bonne illustration. Sur le papier, l’outil est puissant ; sur le terrain, il exige un système d’identification fiable, un suivi précis des levées, une gestion méthodique des réclamations et une pédagogie continue auprès des usagers. Sans pilotage rigoureux, l’instrument censé responsabiliser devient rapidement source de tensions et de rejet.

Sur le terrain, on constate aussi un cruel manque de données exploitées. Beaucoup de collectivités collectent des informations, mais peu les utilisent réellement pour orienter leurs décisions. Or piloter un service déchets moderne suppose de connaître ses tonnages par flux, ses coûts à la tonne, ses taux de refus ou encore ses variations saisonnières. Ce qui ne se mesure pas ne s’améliore pas, et ce qui n’est pas analysé finit presque toujours par coûter plus cher.

En 2026, les équipes candidates devront démontrer qu’elles maîtrisent cette mécanique. Il ne suffira pas d’affirmer vouloir « mieux trier » ; il faudra prouver sa capacité à dimensionner un marché de collecte, sécuriser les installations, planifier les investissements, anticiper l’impact budgétaire des évolutions réglementaires et contractualiser intelligemment avec les prestataires.

Les déchets sont devenus l’un des premiers postes budgétaires locaux et l’un des services les plus visibles pour les habitants ; lorsque le système fonctionne mal, la sanction est immédiate.

Espérons que les municipales de 2026 ne récompenseront pas les promesses générales, mais distingueront les équipes capables de transformer une contrainte technique en organisation maîtrisée, car dans les déchets, le réel finit toujours par s’imposer.


PARTAGER :
Toute l'information de cette rubrique est dans : Environnement Magazine
Le magazine pour les acteurs et décideurs du développement durable et des métiers de l’environnement.
Découvrir nos newsletters →
À LIRE ÉGALEMENT
Tarification dynamique de l’électricité : un levier clé pour accompagner la transition énergétique
Tarification dynamique de l’électricité : un levier clé pour accompagner la transition énergétique
Reims, cas exemplaire de réemploi des mâchefers
Reims, cas exemplaire de réemploi des mâchefers
Marché du recyclage : entre reprise et turbulences
Marché du recyclage : entre reprise et turbulences
[Tribune] Entre ambitions & réalités : l’Europe face aux défis du recyclage des batteries
[Tribune] Entre ambitions & réalités : l’Europe face aux défis du recyclage des batteries
TOUS LES ARTICLES RECYCLAGE & RÉCUPÉRATION
Les plus lus