La quantité de vieux matériel de ski partant en centre d'enfouissement, sans valorisation aucune, s'élève à 1 000 tonnes de skis et 600 tonnes de chaussures par an. Deux tiers proviennent des renouvellements de stocks, tous les deux ans, chez les loueurs des stations alpines. Jusqu'à présent, le principal obstacle à leur recyclage ne résidait ni dans la collecte, ni dans l'adhésion des loueurs à l'opération, au contraire rassurés à l'idée de ne plus voir leur matériel inonder le marché noir. « Le plus difficile fut de trouver comment séparer les plastiques mélangés à d'autres matières », précise Étienne Wiroth, gérant du prestataire de déchets Tri-Vallées, à l'initiative du projet, dont la communauté de communes du canton d'Aime est maître d'ouvrage. Grâce aux tests qu'il a coordonnés avec MTB Recycling et l'Ensam de Chambéry, un broyage finement opéré par Sibuet Environnement permettra de récupérer les aciers, l'alu et le bois, mais aussi des confettis de polymères repris 100 euros la tonne par des cimenteries alpines. Les plastiques leur fourniront ainsi un bon combustible, alors que l'incinération aurait coûté plus cher. Ce circuit de reprise va stabiliser une filière locale où, selon Étienne Wiroth, « tout le monde s'y retrouvera en termes de coût, le recyclage revenant à deux euros par paire de skis ». Un coût supporté par les loueurs, avec ou sans l'aide des collectivités. En Tarentaise, Tri-Vallées se charge des collectes. Gageons que tous les loueurs et fabricants joueront le jeu et qu'émergeront des initiatives similaires dans d'autres massifs français.