Tout un symbole. Le dernier embouteilleur français d'eau qui recourait encore au PVC, la société Jolival à Angoulême, vient de passer au PET. « Souplesse, prix, modernité, recyclage facilité », le polyéthylène téréphtalate est paré de toutes les vertus dans la bouche de Marc Michel, arrivé à la direction de l'entreprise il y a un an avec cette idée en tête. Traumatisé par l'affaire de la dioxine, il y a dix ans, qui avait jeté le doute sur les produits chlorés et le PVC, dont la combustion incontrôlée est polluante, le monde du recyclage a longtemps réclamé ce changement. Avec succès. Partout en France, les gisements chutant, les centres de tri des déchets ménagers en sont alors venus, sous l'impulsion de Valorplast, la société rachetant les plastiques triés dans le cadre de la garantie de reprise Éco-Emballages, à supprimer le PVC de leurs balles à recycler, réorganisant celles-ci en PET clair, PET coloré et PEHD. Sauf en Poitou-Charentes, donc, où une dizaine de centres fonctionnaient encore avec un flux PVC isolé. « Ailleurs en France, le PVC se limite à quelques flacons de shampoing et de vinaigre blanc et, là, il pèse 7 % dans le gisement », compare Catherine Klein, chez Valorplast. Jolival continuera d'embouteiller son vin dans du PVC, « pour des raisons de compatibilité mécanique », mais lui dit adieu pour ses 35 millions de bouteilles d'eau annuelles. L'atout du PET, une cadence accélérée et l'économie que l'entreprise réalisera sur ses cotisations à Éco-Emballages (le PET étant plus léger, donc moins taxé à unités d'emballage égales) devront amortir « quatre années d'investissement ». Prochaine étape pour Marc Michel : embouteiller en PLA, un plastique végétal, pour les marchés de niche comme les magasins bio et les marchés d'adjudication comme les hôpitaux.