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Le compost 2.0 bientôt dans les bacs

LA RÉDACTION, LE 1er DÉCEMBRE 2007
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Il a fallu vingt-six ans pour que la norme NF U44-051, qui régit la qualité des composts urbains, soit digérée, criblée et retournée en andains pour offrir une nouvelle version bien mûre, renvoyant celle de décembre 1981 dans la benne des indésirables. L'Afnor l'avait homologuée dès avril 2006, mais c'est un arrêté du ministère de l'Agriculture du 21 août qui la rend obligatoire. Pour les centres de compostage travaillant l'ordure ménagère, le déchet vert ou les déjections animales (les boues de step ont leur propre norme), l'enjeu est de taille. « La nouvelle norme va disqualifier 55 installations sur 600, à commencer par celles qui travaillent sur ordures brutes », a-t-on entendu lors de l'atelier biodéchets des dernières Assises des déchets, à La Baule. Ces centres-là ne pourront plus écouler leur compost comme produit, mais comme déchet : en épandage agricole avec plan ad hoc, ou en décharges. La NF U44-051 version 2 fixe en effet des teneurs limites en agents pathogènes, éléments traces métalliques, composés traces organiques, éléments inertes et impuretés. « On a maintenant des seuils exprimés en milligramme par kilogramme de matière sèche, par exemple 2 mg/kg pour le mercure, alors qu'on raisonnait jusqu'ici en flux à l'hectare. Et des choses explicites sur les inertes (plastiques, verre, etc.) là où auparavant on se contentait d'un flou sur les « éléments coupants », résume André Girard, qui a participé à l'élaboration du texte en qualité de spécialiste chez l'exploitant Terralys (groupe Suez). L'arrêté accorde toutefois un sursis : il donne jusqu'au 28 février 2009 pour écouler les stocks ensachés selon l'ancienne norme, et jusqu'au 28 février 2008 pour que les composts verts appliquent les nouvelles prescriptions relatives aux inertes et aux impuretés. Francis Louis, président d'un syndicat mixte dans le Haut-Rhin, le SM4, a bien peur d'être dans les recalés. Sa collectivité envoie 20 000 t/an d'ordures grises (ordures brutes sans les recyclables) en compostage, mais le produit final, acheminé gratuitement sur champ, ne répond plus à la norme. « Je doute que les agriculteurs l'acceptent encore. Soit on passe en méthanisation pour faire du gaz et enfouir le digestat, soit on ne composte que la fraction fermentescible, en se limitant aux gisements de la restauration collective », s'interroge l'élu. L'exception Launay-Lantic Seul territoire à tirer son épingle du jeu bien que compostant sur ordures grises : le Smitom de Launay-Lantic (22). « On souhaitait cette norme, dit même son président, Thierry Burlot, qui a investi 3,5 millions d'euros en 2004 pour moderniser le process. C'est une reconnaissance forte pour nous et pour notre exploitant Veolia, qui a l'obligation de commercialiser tout le compost produit (8 000 t/an), et est lié par une charte de qualité au repreneur, un groupement de légumiers voisins. » Selon le centre de recherche de Veolia, qui a lancé un programme de 350 000 euros avec le Cemagref de Rennes sur la qualité des composts, le secret tient au réglage du BRS, ce tube rotatif qui éjecte les indésirables (« 85 % » à Launay-Lantic) et amorce l'activité microbienne. En attendant, les centres travaillant sur déchets organiques seuls et, a fortiori, les digestats de méthanisation, n'ont pas de souci à se faire. Le Syctom de l'agglomération parisienne annonce déjà que le compost de sa future usine de Romainville (93) respectera la norme.


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