Lecteur régulier de votre magazine, j'ai pris connaissance avec une certaine surprise de votre article sur le compostage et la nouvelle norme NFU 44051 (lire EM n° 1663, p. 50), car il s'y trouve un nombre non négligeable d'erreurs. 1) La nouvelle norme ne va pas « disqualifier 55 installations sur 600 » mais plus probablement 55 sur 60 (je doute qu'il y ait 600 installations de compostage en France). 2) Le BRS n'« éjecte » pas les « indésirables ». Il permet de déliter les déchets tout en les brassant. L'éjection des indésirables ne peut se faire qu'après, au stade du tri. Et c'est là, entre autres, que se fait la différence entre des installations comme celle de Launay-Lantic et les autres, où les techniques de tri post-BRS ne sont pas aussi au point. À Launay-Lantic, si je ne m'abuse, le taux de refus de tri est de 50 % et non pas de 85 %. 3) Contrairement à ce que vous écrivez, les digestats de méthanisation ont « du souci à se faire ». Avez-vous déjà vu le digestat de l'usine d'Amiens, par exemple ? En l'état, il est certain qu'une fois composté, il est hors norme. 4) Quant aux centres qui travaillent sur « déchets organiques seuls », il est loin d'être sûr qu'ils passent tous avec succès et sans « souci à se faire » la nouvelle norme. Il y a quelques années, une étude avait montré que certains composts de biodéchets étaient de qualité moindre que le compost de Launay-Lantic et risquaient de se trouver au-dessus des seuils de la NFU 44051.
René Deléglise, renedeleglise@yahoo.fr
Nous tenons la plupart des informations contenues dans l'article de conférences et rencontres sur les dernières Assises de La Baule. Ainsi, l'Ademe a bien évoqué « 600 à 700 » plates-formes de compostage, dont 10 % en tri mécano-biologique (ce sont peut-être là les 60 que vous évoquez), auxquelles elle ajoute 4 installations de méthanisation et 10 digesteurs agricoles. Concernant le BRS, vous avez raison, nous sommes allés un peu vite en besogne puisque la fonction première de ce tube est d'amorcer l'activité microbienne. Néanmoins, Thierry Burlot, le président du syndicat mixte de Launay-Lantic, nous a bien donné le chiffre de 85 % d'indésirables sortis. Son dossier fait bien mention d'un taux de 50 %, mais c'est le ratio global déchets compostés / ordures ménagères entrantes. Concernant les digestats de méthanisation, Environnement Magazine ne s'est pas privé de parler des déboires d'Amiens et des deux lignes pour ordures grises de Varennes-Jarcy. Nous faisions ici allusion aux méthaniseurs pour biodéchets collectés sélectivement, comme à Lille et Calais, sur la base de ce que nous ont déclaré leurs exploitants. De même, pour le compostage de déchets organiques seuls, nous tenons la prédiction comme quoi ils passeront la norme des experts que nous avons interrogés. Launay-Lantic lui-même affirme, dans un communiqué, que « la qualité de [son] compost final est assimilable à celle d'un compost de biodéchets collectés sélectivement ». Mais vous avez raison, à bâcler l'opération, on peut faire pire que mieux.