En rachetant Greenfield, le leader européen de pâte à papier recyclée certifiée FSC, Arjowiggins se donne les moyens de mettre en oeuvre la stratégie verte qu'elle affiche haut et fort comme une priorité de croissance. En effet, cette seule acquisition, après celle de Dalum en 2007, va lui permettre de disposer de 140 000 t par an de pâte à papier recyclée de qualité encore difficile à trouver sur le marché. Les offres de papier recyclé et FSC sont en effet deux axes majeurs de son développement. « Sur le segment des papiers graphiques, 20 % de nos ventes sont aujourd'hui en 100 % recyclé. Et nous espérons passer à 100 % le plus rapidement possible », explique Christophe Roux, directeur général EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique). Maintenant que l'approvisionnement est assuré et que la technique suit, reste à convaincre le marché. Et pour séduire les clients les plus exigeants, le papetier multiplie l'offre de papiers couchés haut de gamme qu'il baptise green,
concept plus large que celui de recyclé. Un positionnement suivi de près par ses concurrents, comme en témoigne le lancement par Matussière %26 Forest d'un papier couché 100 % recyclé. « Le marché du papier graphique utilise moins de 10 % de recyclé aujourd'hui. Les opportunités de croissance y sont donc très importantes », selon Christophe Roux. Dans la même logique, l'entreprise vise aussi la neutralité carbone. Pour y parvenir, le groupe a recours à la substitution des énergies fossiles au profit de la biomasse et de la géothermie, mais aussi à l'utilisation de biotechnologies pour le raffinage des fibres de cellulose. Cette politique porte ses fruits en générant de substantielles économies d'énergie et une baisse des émissions de CO2 de 47 % par tonne de papier depuis 1990. Même les produits industriels n'échappent pas à cette conversion verte. Ainsi, Arjowiggins a mis au point une carte magnétique biodégradable (60 % recyclé, 40 % FSC) et un matériau hybride (fibres celluloses et synthétiques) pour emballage médical stérile. « Nous sentons depuis deux ans un basculement de la demande. Hier, l'image primait et aujourd'hui nos clients revendiquent de participer à une gestion responsable des ressources », explique Christophe Roux. Une (r)évolution que le papetier accompagne en mettant sur le marché « la plus large offre de produits verts ». Une stratégie sur laquelle l'entreprise mise pour accroître de 50 % son chiffre d'affaires 2006 et atteindre 3 milliards en 2010.