Que faire des 8 millions de tonnes de laitiers sidérurgiques qui s'entassent sur le site d'Arcelor à Fos-sur-Mer ? Le BTP, gros consommateur de remblais, est naturellement apparu comme une voie possible pour valoriser ces rebuts. Ces matériaux parfois riches en chaux libre ont l'inconvénient de gonfler, mais les possibilités de recyclage, notamment en couches profondes, sont nombreuses : renforcement de digues, comblement de mines, construction de remblais, de routes ou de plates-formes comme pour l'extension du port Fos XXL, à proximité du site industriel. « Ces options ne sont pas nouvelles, précise Bernard Brun, le nouveau responsable du service environnement, mais comme les nombreuses carrières de la région vont rencontrer des difficultés à renouveler leurs autorisations d'exploiter, nous allons pouvoir proposer nos déchets » comme matériaux de substitution. Reste à mieux connaître le comportement des laitiers. Pour cela, l'usine Arcelor de Fos, comme d'autres sites producteurs, s'est associée à une campagne d'essais animée par le Centre de promotion technique des laitiers sidérurgiques. Deux « plots » d'une cinquantaine de mètres, c'est-à-dire deux échantillons de route utilisant des laitiers (de hauts-fourneaux et d'aciérie), dotés d'un système étanche de drainage des eaux, ont donc été construits en juin dernier sur le site de Fos-sur-Mer. Des analyses doivent y être pratiquées pendant un an pour surveiller, entre autres, l'impact des laitiers sur l'environnement, ceux-ci contenant des traces de métaux et du soufre. Elles serviront de référence pour élaborer un guide méthodologique sur l'utilisation des laitiers en travaux publics.