Prenez une bouteille de soda. Stockez-la, sans l'ouvrir. Au bout de plusieurs mois, les bulles auront disparu. Pourquoi ? Parce que le plastique n'est pas totalement étanche. Des échanges d'oxygène et de CO2 s'effectuent naturellement entre l'intérieur et l'extérieur de la bouteille. La PME Isytech, à Lannion (22), est parvenue à réduire ces échanges à l'aide d'un procédé breveté, issu de ses recherches en physique des plasmas, ces gaz chargés en ions et électrons positifs. « Nous avons découvert que la technologie des plasmas permettait de réaliser des dépôts de couches très minces, de l'ordre de 0,1 micron, possédant d'excellentes propriétés barrière à l'égard de l'oxygène et du CO2, explique son dirigeant, Patrick Chollet. En provoquant une décharge électrique dans un gaz à basse température - de l'acétylène par exemple, nous obtenons un milieu excité et réactif, le plasma, dont nous mettons à profit les réactions pour réaliser des opérations de traitement de surface des matériaux. » Cette solution permet d'éviter la technologie multicouche (introduction d'éthylène-alcool vinylique, EVOH, entre deux couches de polyéthylène), très onéreuse et interdisant tout recyclage, ou celle de la fluoration, qui nécessite un classement Seveso de l'usine. « Notre technologie respecte l'environnement : elle n'émet pas de gaz à effet de serre, et permet le recyclage des emballages traités », assure Patrick Chollet. Cette solution est maintenant utilisée par le groupe Sidel, leader mondial des conditionnements pour liquides alimentaires. Les bouteilles d'eau, de soda ou de bière ont ainsi une étanchéité proche de celle du verre. Tupperware a fait aussi appel à Isytech pour éviter les taches liées à certains dépôts alimentaires sur ses récipients. Et récemment, l'entreprise bretonne a signé un contrat d'exclusivité avec Agriplas, fabricant de bidons pour produits phytosanitaires.