Le 8 septembre dernier, la SA Granulatex, fondée en 2001 alors que la France montait sa filière pneu, entrait sur le marché libre d'Euronext, introduisant 2 000 titres à 10 euros pièce. Collecteur agréé de vieux pneus dans trois départements (05, 73, 74), Granulatex a une histoire originale. Ses dirigeants, Henri et Raymond Morand, bras armés de leur maman Gilberte qui préside le conseil d'administration, viennent tout droit de l'agriculture bio, activité qu'ils ont commencée... en 1957. Le virus des déchets les a pris il y a dix ans, lorsqu'ils aménagent une plate-forme de compostage dans leur campagne de Haute-Savoie. C'est un succès, et ils vendent le site, « à un très bon prix », à Suez-Lyonnaise en 2001. « On a alors pensé s'arrêter, mais on a eu peur de tourner en rond. On s'est donc lancé dans le déchet et, entre les frigos et les pneus, on a pris les pneus car nous autres, agriculteurs, les connaissons bien, avec nos bâches d'ensilage », raconte Raymond Morand. Depuis, l'entreprise familiale ne cesse de développer ses deux métiers, le recyclage de pneus et le bio, en y greffant un troisième : les énergies renouvelables, en montant chaudières à bois et panneaux photovoltaïques sur ses « éco-fermes ». Avec un chiffre d'affaires de 2,3 Me et un résultat net de 421 000 euros sur le dernier exercice, Granulatex attend de la Bourse « notoriété et crédibilité » pour lui permettre de tripler son CA à l'horizon 2012.