Romain Troublé Directeur opérationnel Contrôleur de gestion
A chaque rotation d'équipes, je passais une quinzaine de jours sur Tara. Lors d'une telle expédition, tout devient moins évident : des toilettes à la cuisine en passant par la gestion de l'eau potable ou de l'énergie... Chacun était attentif à ne rien gaspiller, mais il y avait une chose qui nécessitait quelques rappels à l'ordre : l'utilisation des ordinateurs portables, très gourmands en énergie. J'ai fait réaliser, il y a quelque temps, un diagnostic de performance énergétique du bateau, ce qui m'a poussé à en demander un pour mon appartement également.
Christian de Marliave Coordinateur du programme scientifique
Rudologue Je n'ai passé qu'un
mois à bord de Tara, mais je connais très bien le bateau puisque j'ai navigué dessus avec Jean-Louis Étienne quand il s'appelait Antartica. Pendant l'expédition Tara Arctic, une attention particulière a été portée aux déchets. Avant le départ, les produits alimentaires ont été débarrassés de leurs emballages, la farine mise en bidons... Sur place, le verre était pilé et jeté à la mer, les huiles de vidange et les plastiques collectés et compactés, les déchets de bois brûlés, ce qui était moins nocif que de les rapatrier en avion...
David Carlson Directeur de l'Année polaire internationale
Loup de mer Je n'ai pas participé à l'expédition Tara Arctic, mais à l'époque où je faisais encore de la recherche sur le terrain, je partais en mer deux ou trois fois par an. Quand j'ai commencé ma carrière d'océanographe aux États-Unis, la plupart des navires scientifiques jetaient leurs déchets à la mer. Avec beaucoup d'autres, nous avons depuis fait changer ces habitudes. Ma femme et moi habitons maintenant à Cambridge, en Angleterre. Nous n'avons pas de voiture, ce qui surprend toujours nos amis américains ! Pour nos nombreux déplacements en Europe liés à l'Année polaire internationale, nous privilégions le train. Pour les voyages transatlantiques, nous prenons l'avion mais essayons de grouper les événements.
Grant Redvers Chef d'expédition
AnachorèteLa vie dans la nuit polaire est difficile, surtout au début quand tout vous est inconnu... Pour l'alimentation, les produits frais nous manquaient un peu. Nous avions bien un système hydroponique pour faire pousser quelques légumes ou salades mais il n'était pas très efficace. Après 507 jours bloqués dans les glaces arctiques, où nous recousions par exemple nos jeans déchirés, le retour à la société de consommation et à ses gaspillages fut un choc.
Marion Lauters Intendante et chargée d'un programme de biologie Néophyte Tara Arctic est ma première expédition polaire.
J'ai rejoint l'aventure en avril 2007 et j'ai donc pu vivre un été et un hiver sur la banquise. Sur le bateau, nous étions vite tributaires de nos excès. Une consommation abusive d'eau nous obligeait par exemple à aller casser la glace pour la faire fondre. Un surplus de consommation électrique augmentait le temps de marche des générateurs, dont le bruit gênait certains... Chez moi, il y a beaucoup de choses que je pourrais améliorer (alimentation, isolation, éclairage...), mais difficile de s'organiser quand on passe beaucoup de temps en mer ! Dans ma maison de campagne, j'utilise des toilettes sèches et fais mon propre compost. Je me déplace principalement en transport en commun ou à vélo.