Depuis la mi-novembre, Coved consacre une ligne de son unité de tri et de recyclage de Rungis (94) aux capsules Nespresso usagées collectées par la filiale de Nestlé en France. Avec en ligne de mire un objectif de recyclage de 75 % au niveau mondial, l'industriel s'y attaque dans l'Hexagone, son plus gros marché aux dires de ses représentants qui se refusent à fournir des chiffres précis. Les célèbres capsules une fois récupérées ne sont donc plus exportées en Suisse pour être traitées. Chez Coved, l'aluminium est broyé, fondu et coulé en lingots revendus pour affinage tandis que le marc de café rejoint sa filière de compostage. La filiale de Saur table, à terme, sur une capacité de traitement de 3 tonnes à l'heure. Mais encore faut-il collecter suffisamment de capsules. « Nos dix-huit boutiques françaises sont équipées de points d'apport volontaire depuis un an, mais nous avons accéléré le mouvement cet été en signant deux partenariats. Le premier avec Mondial Relay, qui récupérera nos capsules dans plusieurs centaines d'enseignes de proximité. Le second avec la société Collectors, avec qui nous testons la collecte en déchèteries sur cinquante sites. Depuis fin octobre, nos clients disposent ainsi de mille points d'apport, chiffre que nous souhaitons doubler d'ici à la fin de l'an prochain », indique Arnaud Deschamps, directeur général de Nespresso France.
Depuis septembre, l'entreprise propose en outre la reprise par coursiers dans l'Ouest de Paris lors de la livraison d'une commande. Un service qui pourrait, après évaluation, être étendu à l'ensemble de la petite couronne. Mais la marque veut aller plus loin et rêve, comme en Allemagne, de poubelles jaunes... « Nous étudions la question dans le cadre d'un comité de pilotage récemment monté avec les pouvoirs publics, Eco-Emballages et plusieurs entreprises de recyclage », explique Arnaud Deschamps. Nespresso mène donc depuis l'an dernier une expérimentation à grande échelle dans le Sud-Est, afin d'intégrer les déchets légers en aluminium à la collecte sélective.
D'un diamètre inférieur à 7 cm, les capsules passent en effet à travers les mailles du filet et partent à l'incinération ou en centres de stockage avec les refus de tri. Une solution : équiper les centres de tri de machines à courants de Foucault, qui trient ces fractions fines en aluminium grâce à un champ magnétique alternatif. Trois centres dans le Var, le Rhône et les Alpes-Maritimes sont équipés d'un tel dispositif. « Les tests que nous menons depuis cet été, pas uniquement sur les capsules Nespresso, montrent qu'il est possible de doubler notre capacité de récupération de l'aluminium. Nous avons donc installé en octobre dans notre centre du Muy (83) une machine à courants de Foucault. Nous cherchons à caractériser ce flux pour voir ce que permet la sensibilisation que mène parallèlement Nespresso auprès de ses clients », précise David Valour, directeur de la valorisation chez Pizzorno. Nespresso souhaite ardemment montrer la viabilité de ce système. Mais, que ce soit en apport volontaire ou via la collecte sélective, reste à convaincre les amateurs de « café portionné » de jouer le jeu.