« Nous sommes les premiers en Europe et certainement au monde à pouvoir recycler industriellement les six terres rares présentes dans les lampes usagées basse consommation en préservant 100 % de leur capacité d'usage » ont souligné Frédéric Carencotte directeur industriel de la division Terres Rares de Rhodia (groupe Solvay) et Gilles Auffret, directeur général de Rhodia, lors de l'inauguration de l'unité de recyclage de Saint-Fons près de Lyon. Jusqu'alors, les poudres luminophores (3 % de la composition d'une lampe) contenant les terres rares (de 5 % à 20 %) étaient mises en décharge faute de solutions rentables. Implantée sur un des sites historiques de Rhodia au sein d'un bâtiment réhabilité, la petite entité de Saint-Fons est dédiée à la première étape d'un processus breveté, mis au point en 2011 par Rhodia qui permet d'extraire un concentré de terres rares. « Les poudres qui arrivent ici en big-bags proviennent du monde entier », précise Frédéric Carencotte. Les lampes ont quant à elles été préalablement collectées, triées et traitées par des sociétés spécialisées qui en valorisent le verre (88 % d'une lampe), les métaux, plastiques et mercure. Tamisage, attaques chimiques à l'acide, séparation liquide-solide, séchage constituent les premières phases d'un procédé aux secrets soigneusement gardés. Une fois le concentré réalisé, il est conditionné en sachets et expédié dans une autre usine du groupe Solvay à La Rochelle. Grâce à « un enchaînement d'étapes chimiques particulières et bien maîtrisées » selon Frédéric Carencotte, la séparation des différentes terres rares est réalisée. L'investissement pour ces deux unités s'élève à 15 millions d'euros et 25 emplois dont une dizaine sur le site de Saint-Fons. Solvay entend traiter plusieurs centaines de tonnes de poudres luminophores par an avec l'objectif de couvrir, selon les terres rares, 5 à 50 % des besoins.