Lancé en 2010, le programme ANRD Ecotech Triptic montre que les terres rares peuvent être des marqueurs efficaces pour trier les plastiques noirs. Deux techniques ont été testées : la fluorescence UV et la fluorescence X. Dans les deux cas, des oxydes de terre rares ont été retenus du fait de leur stabilité thermique et temporelle, de leur innocuité pour l'environnement et la santé. Leur coût n'est pas un obstacle car ces composés sont présents en faible quantité (0,001 à 0,05 %), et sont ajoutés à des plastiques destinés à être recyclés. « En fluorescence UV, un tri positif a pu être développé avec des concentrations de terres rares comprises entre 20 et 500 ppm, pour une distance de détection de 10 à 30 cm, et avec une vitesse d'acquisition de 10 ms », a résumé Daniel Froelich lors de la journée de restitution Record, le 27 septembre 2012. Deux difficultés restent à lever pour l'industrialisation du procédé : d'une part, l'effet absorbant de la couleur noire, et d'autre part, la fluorescence naturelle des polymères. De plus, ces résultats ont été obtenus sur un tri statique, alors que sur un convoyeur, les vibrations, la position de la pièce et sa forme peuvent influencer l'acquisition des données. En revanche, en fluorescence X, les tests ont été menés en statique et en dynamique, avec un temps d'acquisition de 10 ms. Ils ont permis de valider la concentration nécessaire pour l'obtention d'un signal avec quatre oxydes de terre rare. Par ailleurs, la détection simultanée de plusieurs terres rares, dans l'objectif de développer un système de codification des polymères, est difficile. Les chercheurs doivent maintenant tester des traceurs intermédiaires, et étudier l'influence des métaux lourds et de retardateurs de flamme sur le tri.