L'industrie française n'est pas en excellente forme et l'État entouré d'experts scientifiques et industriels, déploie un certain nombre de remèdes parmi lesquels le Comes. Le Comité pour les métaux stratégiques créé en janvier 2011, a pour objet de mieux sécuriser l'approvisionnement de certains métaux comme le cuivre dont la consommation est exponentielle mais aussi les terres rares. En l'absence de ressources de proximité et face à l'hégémonie de quelques pays producteurs, la France s'engage aujourd'hui dans une vaste cartographie de ses besoins industriels et appelle l'ensemble des entreprises à réaliser leur propre diagnostic des risques encourus. Un outil d'autodiagnostic a été développé cette année avec l'appui de BIO IS et financé par l'État. Cet outil téléchargeable sur www.dgcis.fr a déjà été testé par plusieurs entreprises présentes sur l'ensemble de la chaîne (Delachaux, Le Bronze Industriel, Renault, Rhodia). Il porte sur 16 métaux sélectionnés après enquête. L'évaluation évolue sur deux axes : le risque d'approvisionnement et la vulnérabilité de l'entreprise face à ce risque. La volonté affichée est d'agir en interne mais aussi en externe. Le renforcement de la diplomatie économique et des partenariats fait partie des actions inscrites au programme. Alors que l'Allemagne a déjà créé un consortium d'industriels pour regrouper les achats et faire pression sur les prix, la France espère emprunter le même chemin grâce au Comes.
De nouveaux flux
Le ministère du redressement productif a rappelé lors d'un colloque sur les métaux stratégiques le 16 octobre, qu'il souhaite mener de front la réhabilitation d'anciennes mines, l'exploration minière grâce à l'expertise du BRGM et le développement d'une économie circulaire, « porteuse d'emplois et de nouvelles ressources » selon Arnaud Montebourg. Le groupe de travail GT3 du Comes travaille dans ce sens. Les Dreal peuvent désormais compter sur les conseils techniques d'un comité d'experts, pour autoriser une entreprise à traiter de nouveaux flux de matières, non valorisées jusqu'à présent. En l'absence de procédés de recyclage, ces produits pourront alors être stockés dans des conditions optimales. Enfin, la France a choisi d'aller plus loin que les directives DEEE, VHU et piles en fixant des objectifs de recyclage pour des sous-ensembles de produits : lampes LED et fluo compactes, batteries NiMH et Lithium ion, disques durs, aimants de VHU, écrans LCD et cartes électroniques. Ce plus français devrait s'inscrire progressivement à partir du 1 er semestre 2013 dans le cadre des nouveaux agréments des éco-organismes.