Pour réussir le tri des biodéchets du marché, décidé par la mairie de Sevran (Seine-Saint-Denis) en 2011, il fallait agir en amont et en aval. L'aval a été relative ment simple : un appel d'offres a retenu Paprec, associé à Sarval et Bionerval, spécialisées respec tivement dans l'élaboration de substrats protéiques et dans la méthanisation de déchets orga niques. Pour l'amont, c'est une autre paire de manches. « Avec ma collègue du service écono mique, nous avons beaucoup travaillé auprès des 60 commer çants de la halle pour qu'ils s'ap proprient de nouvelles pratiques de tri : courriels, affiches, guide de tri et, surtout, une forte sensi bilisation directe », témoigne Carole Lomas, technicienne à l'environnement au service infrastructures de la mairie de Sevran. Face à une profession qui se déplace quotidiennement d'une ville à une autre, inutile d'organiser une réunion : il faut aller au contact. « Un par un, nous leur avons expliqué l'objectif de la dé marche, son intérêt, le rôle qui leur incombe et puis nous avons essayé de leur proposer des solutions pour les aider à trier au fur et à mesure qu'ils servent leurs clients, plutôt qu'à la fin du marché », détaille Carole Lomas. La halle comprend un local compacteur tenu par le per sonnel du gestionnaire du marché, EGS, qui contrôle la séparation des déchets (cartons, biodéchets de viande et de poisson, biodéchets de fruits, légumes et fleurs et autres déchets). « Aujourd'hui, le prin cipe est intégré, même si la qua lité du tri reste perfectible », juge Carole Lomas, qui évalue entre 17 et 30 tonnes, la quantité de biodéchets collectés chaque mois.