Une vitrine du développement durable et le plus gros projet de l'agglomération : voilà ce que représente l'écoquartier du Raquet pour la communauté d'agglomé ration du Douaisis (CAD). Partagé entre les communes de Douai et Sin-le-Noble, dans le Nord, cet espace de 166 ha accueillera, à terme, 12 000 habitants. La zone est une ancienne enclave agricole cernée par quatre quartiers. Une partie de la ZAC est marquée par l'existence passée d'une bri quet terie, une autre est contrainte par un périmètre de protection de captage d'eau po table. « La gageure était de transformer des contraintes en atouts, surtout dans le contexte difficile de l'ancien bassin minier. Heureusement, il y a eu un très fort portage politique, et puis une implication et une moti vation de tous au sein de l'équipe projet et des services. Quand les besoins de créer du logement, de l'activité éco no mique, d'inventer une dynamique de dé ve lop pement du territoire avant-gardiste sont aussi criants, on ne peut que se re trousser les manches et y aller », résume Jean-Paul Mottier, respon sable grands projets à la CAD.
L'écoquartier a été conçu pour donner une place extra ordinaire à l'eau, à travers une trame bleue constituée du canal, d'un bassin, de rigoles, de noues intégrées aux parcs et voiries, de zones humides. Ces dispositifs cumulent des avantages hydrau liques, biologiques, paysagers et structurent l'espace. Toutes les eaux pluviales seront ainsi gérées sur place, par infiltration ou réu tilisation. Le dimensionnement de l'ensemble est prévu pour absorber un orage centennal (et non décennal, comme dans la plupart des projets). Un parc maraîcher sera installé sur les 10 % de terrain inconstructible lié au périmètre de protection du captage d'eau potable. Il sera l'occasion de développer une agriculture biologique plus res pectueuse de la qualité de l'eau, avec l'objectif de la déployer sur le territoire.
Pour mener le projet, la collectivité s'est entourée d'une équipe pluridisciplinaire, qui avait déjà eu l'occasion de travailler ensemble. Le mandataire pour la maîtrise d'œuvre, le cabinet d'ar chitectes-urbanistes Seura (en la personne de Florence Bougnoux) s'est adjoint les compétences de plusieurs bureaux d'études : les paysagistes de l'atelier LD, Solener et Jean-Pierre Traisnel pour les études environnemen tales et énergétiques, Berim pour la VRD et les infrastructures, les éclairagistes de Coup d'éclat. « Un choix d'équipe de maîtrise d'œuvre que je n'ai jamais eu à regretter au cours des cinq années écoulées », se félicite Jean-Paul Mottier. Originalité de cette opé ration, la CAD exerce la maîtrise d'ouvrage en régie. « Il n'y a pas de SEM, pas d'aménageur privé : on fait tout en direct, témoigne le responsable des grands projets. La CAD, chef d'orchestre, puise les compétences dont elle a besoin dans tous ses services : juridique, habitat, déchets, eaux, archéo logie, etc. » Le fonctionnement en mode projet est ici bien huilé : lors de réunions toutes les deux à trois semaines, chacun fait un état d'avancement de son champ d'intervention, donnant à tous une vue globale et apportant une forte perception de l'imbrication des opérations.