Des Piloteterres rares dans les plastiques ? Sur le marché C ’e s t l'idée du projet Triptic, mené grâce à un financement ANR Eco-tech. Depuis 2010, la fluorescence UV et la fluorescence X sont testées pour trier les plastiques noirs – un enjeu important dans le recyclage des véhicules hors d'usage (VHU). Dans les deux cas, l'utilisation des oxydes de terres rares a été validée : ces molécules sont stables thermiquement et dans le temps, et elles ne sont pas nocives, ni pour l'environnement ni la santé. De plus, leur coût n'est pas un obstacle du fait de la faible quantité nécessaire (0,001 à 0,05 %), et de la perspective de recyclage. « En fluorescence UV, un tri positif a pu être développé avec des concentrations de terres rares comprises entre 20 et 500 ppm, pour une distance de détection de 10 à 30 cm, et avec une vitesse d'acquisition de 10 ms », a résumé Daniel Froelich, de l'Ensam Chambéry lors de la journée de restitution Record, en septembre. Deux difficultés restent à lever pour l'industrialisation du procédé : l'effet absorbant de la couleur noire et la fluorescence naturelle des polymères. En revanche, en fluorescence X, les tests ont été menés en statique et en dynamique, avec un temps d'acquisition de 10 ms. Ils ont permis de valider la concentration nécessaire pour l'obtention d'un signal avec quatre oxydes de terres rares. Par ailleurs, la détection simultanée de plusieurs terres rares, dans l'objectif de développer un système de codification des polymères, est difficile. Les chercheurs doivent maintenant tester des traceurs intermédiaires et étudier l'influence des métaux lourds et des retardateurs de flamme sur le tri.