Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en réduisant leurs déchets, 40 entreprises ont globalement économisé près de 1,5 million d'euros par an. Mais ce résultat est-il extrapolable alors que l'Ademe a soigneusement sélectionné les participants ?
Lors de l'appel à candidatures, lancé no vembre 2010, 380 en tre-prises ont répondu. Les candidats ont été retenus dans des secteurs prioritaires, car fortement générateurs de déchets : la métallurgie, la distribution et le transport, l'agroalimentaire, l'imprimerie et la papeterie, et la plasturgie. « Le but était de trouver des en tre prises avec une forte probabilité de dégager des économies au bout d'un an, afin de montrer la rentabilité d'actions simples sur le poste déchets », reconnaît Éric Darlot, ingénieur au service de planification et d'observation des déchets de l'Ademe.
Les entreprises sélectionnées ont bénéficié d'un diagnostic léger, sur une journée, afin de définir un plan d'action spécifique, mais aussi d'un accompagnement sur le terrain. Ainsi, le fabricant de portes d'entrée en aluminium Bel'M a économisé 53 000 euros en optimisant sa découpe. Certes, la revente des chutes générait un revenu de 17 000 euros, mais les économies à l'achat se sont élevées à 70 000 euros… Une nouvelle technologie d'encollage a également permis des économies de colle (30 000 euros), et de solvants (18 000 euros). « 80 % de l'économie proviennent de la réduction ou du recyclage de matières ou d'emballages à la source, c'est-à-dire en amont de la fabrication. Cette expérimenta tion montre que le tri à la source et l'externalisation du recyclage sont plus profitables que la mise en décharge ou l'incinération des déchets », souligne l'Ademe, qui a investi 319 000 euros dans cette initiative.
Les résultats de cette opération sont détaillés dans cinquante-deux fiches. Parmi les dix entreprises non citées dans le retour d'expérience, certaines ont réalisé des économies moindres ou n'ont pas poursuivi l'expérimentation. C'est le cas d'un village vacances, une activité saisonnière, avec un système de collecte qui compliquait la mesure des quantités de déchets. Ou encore d'un hôtel, qui a abandonné le projet faute de temps.
L'Ademe poursuit son accompagnement avec deux nouveaux appels à candidatures, l'un sur la mise en place d'une comptabilité analytique pour identifier les pertes et les actions prioritaires, l'autre sur le calcul de la rentabilité des investissements en matière de réduction et de recyclage à la source. Résultats en juin prochain.