Le taux de recyclage des plastiques, toute prove nance confondue, reste globalement bas en France. « En 2011, sur 3,3 millions de tonnes de déchets plastiques post-consommation 0,6 million de tonnes, soit 19,2 %, ont été recyclées et 1,4 million de tonnes (41,7 %) valorisées énergétiquement. Avec en core 40 % de déchets plastiques mis en décharge, la France reste loin du peloton de tête européen, dont Allemagne, Belgique et Pays du Nord, qui affichent des taux de valorisation supérieurs à 90 %, dont 30 % ou plus de recyclage pour certains », rappelait Michel Loubry, di recteur région Ouest Europe de l'association profession nelle européenne Plastics Europe, venu présenter un « focus sur la France » lors du colloque Filières et Recy clage, organisé par l'Ademe en octobre dernier, à Paris.
La grande hétérogénéité des plastiques constitue le pre mier frein à leur recyclage. Les marges de progrès en la matière restent donc im portantes. Le contexte est stimulant si l'on en juge par les nombreuses confé rences, rencontres, projets, program mes de R & D consacrés aux plastiques, et en particulier à leur séparation plus ou moins aisée, où se trouvent bien souvent impliqués des fabricants de machines et ensembliers.
Collecte élargie
Pour l'heure, la majorité des déchets plastiques recyclés provient des ménages (40 % selon une enquête de l'Ademe parue en avril 2012 sur des données de 2010). Mais le plastique demeure le moins recyclé des emballages avec 22 %, contre 84 % pour le verre(1) . Pour augmenter le taux de recyclage, conformément aux attentes du Grenelle de l'environnement, la solution re tenue par les é co or ga nismes réside dans l'élargissement possible de la collecte sé lec tive à tous les em bal lages plastiques valorisables – pots de yaourts, barquettes et films, en plus des traditionnels bou teilles et flaconnages. Cela pourrait entraîner une hausse de 170 000 à 200 000 tonnes de déchets supplémentaires à traiter. Ce contexte fournit un joli terrain de réflexion et d'ex périmentation grandeur nature aux concepteurs constructeurs d'équipements, très concer nés par l'arrivée de nouvelles résines qu'il faudra identifier, extraire, séparer pour en faire de nouvelles matières pre mières…
Les DEEE et les VHU consti tuent également une source d'inspiration pour les fabri
cants d'équipements. Ces filières spécifiques ne fournis sent encore qu'une très faible part des déchets plas tiques aujourd'hui collectés en Fran ce, autour de 5 % selon l'Ade me. Pour tenter d'at teindre les objectifs réglementaires fixés par la Commission européen ne à l'horizon 2015 (85 % en masse de réutilisation et de recyclage et 95 % en masse de réutilisation et valorisation), la filière VHU se tourne davan tage vers le tri de ses résidus de broyage, encore trop peu développé en France selon dif férents spécialistes. Plusieurs technologies existent qui per mettent de récupérer quelques fractions supplémentaires de métaux et de certains po ly mères nichés dans les RBA. Et les développements se pour suivent, notamment dans le tri optique. Quant aux DEEE, qui sont parmi les déchets les plus complexes à traiter, ils mobilisent toujours et encore l'attention des chercheurs, mais aussi des constructeurs de machines. La plupart tra vaillent à l'élaboration de so lutions qui permettraient de débloquer certains verrous technologiques comme le tri, très attendu, des plastiques noirs par exemple…