Sur 230 000 tonnes d'emballages plastiques ménagers collectées en France, 125 000 tonnes sont considérées comme des refus de tri. Une moitié repart en valorisation énergétique, l'autre en décharge. Au total, sur 3,3 millions de tonnes de déchets plastiques générés dans l'hexagone, 40 % finissent en décharge. Un circuit intolérable pour Plas-ticsEurope qui mène campagne en France et en Europe pour l'instauration de l'extension des consignes de tri et le zéro déchet plastique en décharge à l'horizon 2 020. Récemment, l'Ademe a rendu un avis sur l'incinération et invité le secteur à détourner les déchets à haut PSI de la mise en décharge. Cette catégorie concerne principalement les plastiques. L'équipe française de PlasticsEurope ne cache pas avoir contribué à cette mesure. Une alternative s'impose : la production de CSR (Combustible solide de récupération). « Pas assez développée en France, déplore Michel Loubry, directeur de PlasticsEurope, avec seulement 90 000 tonnes produites en 2010 soit 1,1 % du gisement disponible. En Allemagne, l'aide à l'investissement a permis la mise en service de 32 centrales et la production de 7 millions de tonnes de CSR dès 2008. Certes dans un contexte économique et politique différent, mais un potentiel semblable sous exploité d'un côté et bien géré de l'autre ». Plus la fraction de plastiques est élevée, plus le CSR bénéficie d'un pouvoir calorifique élevé. L'Europe est aujourd'hui coupée en deux ; entre le Nord qui adhère depuis plusieurs années à ce mode de traitement et le Sud dont la France fait partie qui est en phase d'apprentissage. « L'avenir du secteur est désormais entre les mains des politiques », déclare Michel Loubry. Il revient aux pouvoirs publics d'apporter des soutiens financiers pour créer des centrales dédiées, de restreindre la mise en décharge et de promouvoir une gestion régionale des déchets.