Hétéroclite, le gisement des papiers et cartons usagés se compose principalement de chutes de fabrication (imprimeries, cartonneries…), de déchets d'emballages industriels et commerciaux (cartons de différentes tailles), de papiers de bureaux, des journaux invendus, sans oublier les déchets ménagers qui englobent journaux, revues et magazines (JRM), mais aussi les emballages de type cartonnettes, véritable casse-tête des centres de tri ! Globalement, pour le gisement d'origine industrielle et commerciale, relativement homogène, pas de difficulté majeure. Pour le flux provenant des ménages, en revanche, davantage dispersé et hétérogène, les choses sont plus complexes. Une fois collectés, les papiers-cartons usagés sont expédiés en centres de tri pour être séparés et conditionnés en différentes catégories. La norme européenne EN 643 liste 54 catégories de produits regroupés en cinq grandes familles : les sortes ordinaires et moyennes, les sortes supérieures, les sortes kraft et les sortes spéciales. Toutes provenances confondues, le pourcentage de papiers-cartons récupérés en France se situerait à plus de 70 % (chiffres 2010, source Copacel, Confédération française de l'industrie des papiers, cartons et celluloses). Mais le taux de recyclage des papiers graphiques (les imprimés) issus de la collecte des déchets ménagers et assimilés demeure faible. « Avec 14,5 % dans nos ordures ménagères, les papiers sont le premier déchet recyclable. Mais seulement 47 % de ceux que nous consommons sont recyclés contre 75 % en Allemagne (et au minimum 59 % dans les autres pays) », rappelait récemment Géraldine Poivert, directrice générale de l'éco-organisme Ecofolio « graphique », en rendant publique une étude réalisée par Bio Intelligence Service. Outre la faible performance du recyclage de cette catégorie, l'étude pointe du doigt « un coût de gestion des papiers graphiques supporté par les collectivités locales françaises bien supérieur à celui relevé dans les autres collectivités européennes : entre 0,35 et 1,84 euro par habitant et par an contre 3,45 en France (…) ». En cause notamment « les schémas de collecte et de tri [qui] privilégient le mélange des papiers et des emballages », analyse Géraldine Poivert. Aujourd'hui, 67 % des ménages sont desservis par une collecte en porte-à-porte et le reste dispose d'une collecte en apport volontaire.
Des opérations de tri complexes
Les papiers sont collectés majoritairement (57 %) en bi-flux, en mélange avec les autres emballages recyclables à l'exception du verre. 43 % le sont en tri-flux, qui se subdivise lui-même en deux types : soit tous les papiers (JRM-papiers) sont collectés séparément des autres flux, soit avec les autres emballages en carton… Ces différents schémas impliquent des opérations de tri plus ou moins complexes ensuite, d'où le développement d'équipements pour aider les opérateurs dans leurs répétitives missions. Celles-ci risquent de se complexifier davantage encore avec la généralisation des consignes de collecte à tous les plastiques. L'arrivée des pots, barquettes et autres films risque de provoquer une augmentation des indésirables dans le flux des papiers, des contaminants divers et variés qu'il faudra enlever, d'une manière ou d'une autre…