Plombémies importantes, protections insuffisantes contre les poussières métalliques, les 170 salariés d'Environnement Recycling seraient en danger. Créée en 2010 à Montluçon, cette société est spécialisée dans le traitement des DEEE et en particulier des écrans à tubes cathodiques (n° RR 19 – 2010). Depuis l'été 2012, l'unité syndicale locale de la CGT s'intéresse au sort de ces employés dont les « conditions de travail sont dignes de Germinal », propos repris par l'Humanité du 28 mars. Contactée pour avoir sa réaction, la direction d'Environnement Recycling ne comprend pas ce qui a motivé de tels assertions : « dès le démarrage de la chaîne de traitement des écrans au printemps 2012, nous avons pris en compte la problématique du plomb. Avec les services de santé et environnement de l'Etat (Direccte, Carsat, Dreal), nous avons mis en œuvre tous les moyens de protection nécessaires », explique Jérôme Auclair, cofondateur. Comme le souligne Véronique Martin Saint-Léon, directrice départementale du travail, des moyens sanitaires et matériels ont été rapidement instaurés (suivis par la médecine du travail, prises de sang régulières, doubles vestiaires pour chaque salarié, aspiration des postes de travail, achat de masques scaphandres à ventilation assistée, sas de dépoussiérage). Des équipements que la société juge encore insuffisants : « Avec l'expérience, les masques ventilés ne s'avèrent pas d'un grand confort. Les salariés ne pouvant se parler ou se voir correctement ont tendance à lever leur visière de protection au risque de compromettre l'efficacité de l'EPI ». Fin 2012, Environnement Recycling a décidé d'investir 400 000 euros dans une protection collective d'aspiration. L'offre technique proposée a été validée par la Carsat et l'installation est prévue pour juin prochain. En attendant, les employés concernés peuvent communiquer par talkie-walkie. Contrairement aux informations véhiculées par les syndicalistes extérieurs à l'entreprise, l'atelier Andela dégageant des poussières métalliques a toujours été un espace confiné et ne concerne directement qu'une dizaine de salariés. À ce jour, la direction d'Environnement Recycling s'interroge sur la finalité d'une telle campagne hostile à son égard et n'écarte pas la possibilité d'entamer des poursuites si son activité en plein essor subit des préjudices commerciaux.