Début avril, le lessivier Procter & Gamble annonçait zéro déchet enfoui sur 45 de ses 160 sites dans le monde, entraînant une économie d'un milliard de dollars sur ces cinq dernières années. Pour Jacques Euler, responsable développement durabel, la contrainte environnementale s'est transformée en bénéfice économique : « Cette stratégie a permis de travailler en amont sur l'éco-conception des emballages industriels (moins de sur-emballages, approvisionnements en bigbags…) et sur les différents modes de traitement existants (recyclage, récupération de chaleur) ». La démarche a aussi entraîné une sensibilisation des salariés impliqués dans le tri des déchets sur l'ensemble de la chaîne. En France, P&G dispose de trois usines : Amiens, 47 ha, est la plus grande d'Europe pour les produits liquides détergents ; Blois est spécialisé dans la fabrication de produits cosmétiques ; Sarreguemines de plus petite taille se concentre sur les produits de coloration professionnels. Ces trois sites s'inscrivent dans la démarche globale du groupe. En première position, l'usine de Blois a déjà atteint le zéro déchet. Parmi les actions phares, la mise en place de broyeurs-séparateurs permet de trier et recycler le plastique issu des flaconnages et les liquides sans dénaturer les composants. Autre évolution dans la valorisation, à partir de ses déchets liquides (shampooing par exemple) P&G élabore de nouveaux produits pour application industrielle sur certains marchés. Les matières plastiques sont revendues vers les filières classiques en vue de leur recyclage. À Sarreguemines, la valorisation atteint aujourd'hui 94 % tandis que l'usine d'Amiens (89 % de valorisation et 2500 t/an de déchets enfouies) devrait afficher zéro déchet enfoui d'ici à deux ans. Entre 2009 et 2013, le groupe est passé ainsi sur l'ensemble de ses usines de 64 % à 83 % de valorisation matière et énergétique.