Une dotation d'accompagnement au changement de 5 millions d'euros par an est instaurée sur la période de l'agrément. 80 % du montant sont destinés aux collectivités qui ne peuvent pas prétendre aux soutiens les plus élevés dans le cadre du nouveau barème du fait de performances moindres en recyclage. La dotation aidera les études, investissements et actions de communication, jusqu'à 500 000 euros et 75 % par projet. « On pense en particulier à la modernisation des centres de tri ou aux changements de mode de collecte, sans préférence de principe pour un mode ou un autre : le meilleur choix reste celui le mieux adapté au contexte local », souligne Aymeric Boger, directeur des collectivités d'Ecofolio. L'appel à projets est lancé en ce mois d'avril pour une réponse possible en juin ou en septembre. L'éco-organisme consacrera 1 million d'euros par an à la mise à jour des consignes de tri. Un « diagnostic papier » destiné aux collectivités leur facilitera la comparaison entre leurs performances et coûts à la moyenne et leurs homologues de même profil. L'outil sera mis en ligne dans les prochaines semaines.
Un flux dédié
L'objectif de « recycler mieux et plus » sous-tend naturellement ces rencontres régionales, le nouveau barème visant à atteindre le taux de 60 % en 2018. L'éco-organisme appelle à un effort particulier sur les papiers bureautiques recyclés à seulement 15 % aujourd'hui. Plus généralement, il plaide pour l'instauration d'un flux dédié, au moins aux fibreux sinon aux seuls vieux papiers. Un modèle d'autant plus pertinent selon lui que l'extension des consignes de tri va augmenter le mélange avec les plastiques. « Premier déchet trié, le papier a été trop souvent oublié des priorités ces dernières années, il a été perçu comme un simple flux d'accompagnement des emballages », estime Aymeric Boger. Pour son argumentaire, Ecofolio s'appuie sur une étude comparative avec l'Allemagne, l'Espagne, la Belgique, le Portugal, la Suède et le Royaume-Uni, qu'il a commandée l'automne dernier. Le constat : un niveau de service plus élevé en France, mais générateur de coûts supérieurs pour des performances moindres. Notre pays affiche un coût moyen de gestion des papiers graphiques à charge des collectivités de 3,54 euros/habitant après l'aide Ecofolio, contre 0,35 à 1,84 euro ailleurs. Pratiquant la collecte séparée des fibreux, la Belgique, l'Espagne et l'Allemagne sont respectivement à 59, 64 et 75 % de recyclage des papiers graphiques, contre 47 % en France.