Le prochain rappor t annuel détaillé de Worldsteel devrait étayer l'évolution européenne par des chiffres précis. Parmi les signes précurseurs, l'acier pour la construction, principale destination de la filière électrique, a vu sa production diminuer de 4,6 % dans l'UE en 2012, soit la plus forte chute annuelle depuis 2009, relève Eurofer. L'association européenne s'attend à une nouvelle baisse de 2 % en 2013. Elle ne devrait épargner aucun pays, contrairement à 2012. Parmi ceux qui restaient orientés positivement l'an dernier, « la Pologne est arrivée au bout de son investissement en infrastructures et la Suède et l'Allemagne vont faire face à des conditions de marché plus difficile », prévoit Eurofer qui s'attend à une nouvelle chute de 10 % en Espagne. Pour 2014 par contre, Eurofer espère une hausse d'1,1 % de l'acier pour la construction dans l'Union.
Sur le long terme, la filière électrique dans l'Union a perdu 12 % de production 2007 et 2011, selon World Steel et Eurofer qui la chiffrent à 75 millions de tonnes en 2011. Elle s'est assez largement alignée sur la demande, si bien que la surcapacité resterait limitée. « Plus flexible que la filière fonte, la filière électrique s'adapte par la variation des temps d'ouverture : on fait tourner les fours moins longtemps, sans aller à la fermeture », relève Marcel Genet, du cabinet Laplace Conseil. « Une exception notable à cette stratégie : ArcelorMittal », ajoute-t-il. Le numéro un a en effet réservé l'an dernier à des installations électriques un sort similaire à ses hauts-fourneaux : arrêt temporaire prolongé – toujours en cours - de l'usine de ronds à béton au Luxembourg, fermeture définitive du site de grosses poutres de Madrid. Il ne croit pas à une reprise à court terme de la demande d'acier pour la construction en Europe, dont il évalue la baisse à 29 % en cinq ans. La production des ronds à béton dans l'UE a diminué de moitié depuis 2007. Les capacités ne sont utilisées qu'à 45 %, cependant la situation n'est pas uniforme d'un pays à l'autre. « Le marché est au point mort en Espagne et en Italie, tandis qu'il présente des opportunités en Allemagne, Scandinavie et France », note Michel Hamy, directeur général de BSW. Confiant dans l'avenir, ce sidérurgiste allemand a confirmé récemment son programme de hausse de capacités à Kehl (RR n°11).