Cinq ans après l'avènement de la contribution appliquée aux textiles mis sur le marché, le Relais a demandé à Boston consulting group (BCG) d'analyser les performances de la filière récupération du textile et, au-delà, de la performance de son modèle économique. Entre 2008 et 2012, la filière a bénéficié du soutien d'Eco-TLC à hauteur de 36,60 M€ (le soutien est de l'ordre de 69 €/tonne triée et 50 €/ tonne développée triée la première année si l'entreprise emploie 15 % minimum de personnes en insertion). De l'étude il ressort que les quatre objectifs d'Eco-TLC ont été atteints : 146 000 tonnes ont été collectées en 2011 avec une croissance de 8 % an ; 14 centres de tri ont été créés depuis 2007 90 % des TLC ont été valorisés, 315 postes ont été créés et 670 collectivités se sont inscrites dans la démarche. En poursuivant sur cette lancée, la filière précise Guillaume Gardy de BCG, pourrait collecter 300 000 tonnes à l'horizon 2020 soit environ 4,5 kg/han/an si toutes les conditions sont réunies, en particulier si le soutien est maintenu. Le Relais, acteur important de la filière, enregistre une progression pour les volumes collectés avec 68 329 tonnes en 2012 et 54 434 tonnes triées. Depuis 2007, cette entreprise d'insertion a permis la création de 310 postes dont 41 % en insertion. Car l'objectif est « d'être utile socialement et raisonnable en termes d'environnement ». Le tri manuel encourage fortement l'insertion sociale et ne semble pas plus cher que d'autres solutions. Si aujourd'hui le coût à la tonne triée est de 350 €, il est selon les données recueillies par BCG de 400 € pour Soaex à Wolfen (Allemagne) qui a mécanisé une partie des opérations.
« Nous avons assez de réutilisation pour assurer la survie du recyclage », explique Pierre Duponchel, dirigeant du Relais, 55 à 60 % des textiles sont réutilisés, de 20 à 25 % sont recyclés sous la forme de chiffons ou de fibres, et quelque 10 % constituent les déchets ultimes. Le coût de la valorisation énergétique des 5 à 6 % de résidus est d'environ 20 €/t. Pour autant le Relais et l'ensemble de la filière ont besoin de la persistance de la contribution pour maintenir la dynamique et accroître la recherche-développement sur le recyclage des fibres.