De trois à cinq kilos par habitant, c'est le résultat obtenu par l'extension des consignes de tri des plastiques dans l'Est, si l'on en juge par les chiffres des trois collectivités pionnières, au bout d'un an d'expérimentation. Le Sictom de la zone sous-vosgienne, qui regroupe 48 000 habitants à cheval sur le Territoire de Belfort, la Haute-Saône et le Haut-Rhin, a vu ses collectes de plastiques triés passer de 9,6 à 14 kg par habitant. Le SMTC, Syndicat mixte Thann-Cernay (Haut-Rhin), observe une hausse de 3,2 kg/habitant, soit 135 tonnes. Le Val de Saône de 45 000 habitants se situe aussi vers + 4 kg. « L'aspect spectaculaire de l'évolution se mesure en volumes : une place considérable se libère dans les poubelles d'OMR par la “sortie” des emballages plastiques », souligne Franck Tisserand, président du Sictom du Val de Saône. Les présentations des bacs d'OMR deviennent une rareté sur ce territoire : une seule par mois souvent, correspondant au seuil plancher de collecte qui a été fixé. Dans la zone sous-vosgienne, « la moyenne s'est réduite à une levée toutes les trois semaines », souligne le président du Sictom, Marcel Grapin.
Les trois territoires ont en commun leur taille, leur profil – quoiqu'un peu plus urbain dans le cas du SMTC – et un passage à la redevance incitative peu avant le début de l'expérimentation. Ils présentent, en revanche, une diversité des modes de collecte : porte-à-porte en bac, porte-à-porte en sac et apport volontaire dans le cas de la zone sous-vosgienne. Celle-ci explique son refus de tri de 20 % par le démélange papier/emballages demandé aux habitants.
En hausse dans les premiers temps de la redevance incitative, les refus de tri se sont stabilisés à 10-11 % à Thann-Cernay. Les refus ont grimpé à 16 % dans le Val de Saône en 2012, mais sont en baisse depuis le début de cette année. « Pour expliquer le nouveau geste de tri, nous avons communiqué sur trois termes : emballage, temporaire, à peu près propre », précise Franck Tisserand. « Les habitants se sont appropriés l'extension des consignes en deux à trois mois maximum. Ils sont allés plus vite que les élus ! On n'imagine pas aujourd'hui revenir en arrière », estime Michel Knoerr, président du SMTC. Mais la distinction du geste selon le type d'emballages n'est pas complètement entrée dans les mœurs. « Expliquer au citoyen qu'il peut trier le pot de yaourt, mais pas le gobelet, le film, mais pas la bâche ni le jouet, ce n'est pas gagné d'avance, malgré tous les supports de communication », relève Marcel Grapin.
Les territoires concernés attendent donc avec impatience la généralisation des filières de valorisation. L'habitant a pris sa part de l'effort, aux exploitants de centres de tri et aux industriels d'en faire de même en aval, disent en substance leurs élus.