Avant la synthèse sur l'avenir de la sidérurgie et la métallurgie, dont la publication est prévue en juillet, les auditions de la commission d'enquête se poursuivent. Le 22 mai dernier, c'était au tour de la Fedem (Fédération des industries des minerais et des métaux non ferreux) d'être entendue. Regroupant 130 entreprises dont Areva, Umicore ou Eramet, la fédération prône la défense de la compétitivité et des compétences pointues. « Au niveau européen, il faut veiller à ce que la France soit présente dans toutes les strates pour exercer son influence » insiste sa présidente Catherine Tissot-Colle (photo). Nommée il y a quelques jours vice-présidente du Comité stratégique de filières « Industries Extractives et Premières Transformations », elle souhaite faire entendre la voix des industriels, pris dit-elle, entre le désir d'innover, de conquérir de nouveaux marchés et la législation européenne et française pas assez souple : « les contraintes environnementales sont salutaires mais attention, elles sont parfois difficiles à adapter sur une courte durée pour des entreprises en activité. Le risque de voir des sociétés partir hors UE est possible ». Pour la Fedem, le recyclage n'est pas suffisant pour répondre à tous les besoins, mais doit faire partie intégrante des ressources utilisées par l'industrie. Parmi les leviers pour l'encourager, la Fedem cite : l'amélioration des relations avec tous les acteurs, l'augmentation de la collecte, la lutte contre les exportations illégales, la mise en place de certifications de recyclage sur les installations. Par ailleurs, la fédération compte beaucoup sur la R&D et en particulier sur l'hydrométallurgie moins énergivore que la pyrométallurgie. Ce procédé chimique est non seulement efficace pour extraire de nouveaux minerais mais aussi pour recycler d'autres composants métalliques présents dans les déchets. La connaissance détaillée du gisement est nécessaire et passe par un travail en commun avec l'Ademe.