Déjà quatre ans que la recommandation R437 de la Caisse nationale d'assurance maladie a été publiée, soulignant le surcroît de risques auquel sont exposés les rippeurs en cas de recul des camions poubelles ou de collecte bilatérale des déchets ménagers. Et pourtant, ces « points noirs », comme on les appelle, restent nombreux. Trop.
Les élus se sont mobilisés en Bretagne pour que les pratiques changent. La Région est déjà pilote pour la mise en œuvre de cette recommandation de la Sécurité sociale et une trentaine de collectivités, les plus importantes, ont déjà supprimé les manœuvres à risque. Le département du Morbihan va encore plus loin, en signant, le 2 avril dernier, la charte nationale pour « améliorer la sécurité et la santé au travail dans la gestion des déchets », ratifiée en 2010 par les différentes parties prenantes. Objectif : convaincre les collectivités de se saisir de la question. Jusqu'à présent, une seule autre déclinaison locale de cette charte a été signée, en Normandie.
« Trente autres collectivités bretonnes travaillent à supprimer les points noirs », se félicite Gérard Pétégnief, ingénieur-conseil à la Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) de Bretagne. « Les risques de la collecte sont parfaitement connus, tout comme les moyens efficaces pour les réduire », poursuit l'ingénieur-conseil, rappelant que la responsabilité juridique du maire est engagée en cas de décès d'un rippeur ou du fauchage d'un enfant par une benne à ordures ménagères (BOM).
« En premier lieu, l'engagement des élus doit être sans faille face à la pression des habitants, qui ne veulent pas changer leur façon de faire », estime Samuel André, responsable du pôle déchets de Vannes Agglomération, qui a revu entre 2010 et 2013 ses habitudes de collecte à l'occasion de la réorganisation des tournées.
Les agents de terrain doivent s'impliquer, afin d'identifier les conduites à risques, et surtout, comment y remédier. « C'est du cas par cas », explique Samuel André. Pour Quimper Communauté (Finistère), le surcoût, environ 100 000 euros par an, représente 4 à 5 % du budget : « Ce n'est pas négligeable, mais c'est le prix de la sécurité », reconnaît Alain Gardelle, responsable de collecte. « En 2014, il y aura beaucoup de fusion et d'intégration de nouvelles communes dans les EPCI. Ce sera l'occasion, après les élections municipales, de modifier les circuits de collecte et de supprimer les derniers points noirs », glisse Gérard Pétégnief. La Fnade s'est également saisie du sujet et travaille à un livre blanc pour faciliter l'intégration de la R437 dès l'appel d'offres. l