Si le recyclage de déchets du BTP reste toujours soumis à des règles strictes pour des applications bâtiment, l'intégration de granulats dans des structures routières fait peu à peu son chemin. Fin juin, le colloque de l'Ademe sur la prévention et la gestion des déchets dans les territoires, a mis en lumière des exemples vertueux liés à l'engagement des maîtres d'ouvrage publics. Dans les Yvelines, le Conseil général s'est engagé depuis plusieurs années dans l'aménagement de routes durables via une charte pour une route éco-responsable. Cela se traduit par la mise en œuvre de bonnes pratiques comme la réduction des déchets à la source grâce à l'emploi de certaines techniques plus économes (enrobés à froid et enduits superficiels d'usure), le recyclage des déchets de TP dans de nouvelles applications routières, l'utilisation de matériaux issus de filières industrielles tels que les mâchefers d'IDND et les laitiers sidérurgiques. Même engagement du Conseil général de Savoie qui vise à augmenter l'emploi de déchets de TP ou industriels dans des chantiers routiers. « Des réticences existent toujours vis-à-vis de ces matériaux jugés de moindre qualité, avoue Jean-Pierre Arnau, directeur adjoint des routes au conseil général de la Savoie. C'est pourquoi, on n'hésite pas à s'entourer d'experts hydrogéologues pour rassurer sur l'emploi de mâchefers par exemple ou d'autres matériaux recyclés ». Pourtant, quelle différence entre un granulat recyclé et un granulat vierge à l'échelle de l'histoire géologique ? s'interroge Didier Meheut à la direction des routes et des transports du Conseil général des Yvelines. C'est dans cet état d'esprit que la FNTP (fédération nationale des Travaux Publics) participe avec l'Ademe et le ministère de l'Écologie, à l'élaboration d'un guide intitulé « Acceptabilité environnementale de matériaux alternatifs en techniques routières - les matériaux de déconstruction issus du BTP ». Sa publication est attendue avant la fin de l'année.