« On vit au milieu des ordures ! » Mireille Lopez habite le nord-ouest de la Seine-et-Marne (77) depuis 1950. La présidente de l'Association de défense de l'environnement de Claye-Souilly et de ses alentours (Adenca) a vu naître et grandir les immenses centres de stockage qui pullulent aujourd'hui dans ce « canton martyr ». Au total, le 77 avale plus de 65 % des déchets inertes franciliens avec 19 installations de stockage (Isdi) et les nuisances qui vont avec. « Ras-le-bol de cette inégalité de traitement, s'insurge aussi Jean Dey, premier vice-président du conseil général chargé du développement durable. Nous demandons que le futur plan régional de prévention et de gestion des déchets de chantiers (Predec) interdise pendant plusieurs années, puis limite, la création de nouvelles capacités de stockage dans le département. » La goutte de lixiviat qui a fait déborder la décharge ? La récente autorisation d'extension d'une des deux ISDI d'Annet-sur-Marne, commune qui accueille le plus important captage d'eau potable du département, doublée d'une nouvelle demande à Villeneuve-sous-Dammartin. Un moratoire de trois ans sera, selon toute vraisemblance et avec quelques nuances, bien mis en place. « Ce rééquilibre territorial est une réelle volonté politique de la Région », assure Geneviève Wortham, conseillère régionale et présidente de l'Observatoire francilien des déchets (Ordif), qui appelle surtout à une évolution fiscale en faveur du recyclage. Mais, même effet pervers qu'avant l'adoption du plan déchets ménagers (Predma) en 2009, les industriels, anticipant les besoins du Grand Paris et le moratoire, multiplient les demandes d'autorisation ou d'extension, que la préfecture de région n'a a priori aucune raison légale de rejeter. C'est pourquoi la motion votée par le conseil général réclame au préfet un moratoire s'appliquant dès maintenant et jusqu'à « l'adoption définitive du Predec », prévue en novembre… 2014.