Y aura-t-il bientôt une usine de dessalement sur Porquerolles ? L'idée fait son chemin à Hyères dans le cadre de la démarche Archipel exemplaire lancée en 2010. À ce jour, 180 idées ont été listées pour faire de l'archipel (îles de Porquerolles, Port-Cros et du Levant) un modèle de développement durable, avec trois points clefs : la gestion de l'eau, les transports et la gestion durable de la présence humaine. Des opérations visent déjà Porquerolles, comme la limitation des véhicules thermiques, des déchets ou encore l'installation de toilettes sèches. Mais c'est dans le domaine de l'eau que le plan se veut le plus ambitieux. L'île souffre d'un déficit chronique lié à sa forte attractivité l'été. « En hiver, la consommation est inférieure à 100 m3 par jour contre 700 m3 en été », explique le maire d'Hyères, Jacques Politi. Proche de la surexploitation, la nappe de l'île est soumise à une remontée d'eau salée en provenance de la mer. En moyenne 41 000 m3 d'eau sont donc acheminés l'été par bateaux pour limiter la pression sur la nappe. « Outre son coût conséquent, l'acheminement ne résout pas de façon durable la question », ajoute le maire.
La construction d'une usine de dessalement est la solution que propose Lyonnaise des eaux, le nouveau délégataire depuis fin 2011. Elle ne produirait pas d'eau potable, mais de l'eau douce pour recharger la nappe et faire face à l'afflux de touristes l'été. « Il s'agit de lisser le besoin de pointe estival avec une petite unité de 15 m3 /h fonctionnant toute l'année », explique Aurélien Aussibal, responsable du projet chez Lyonnaise. Les conclusions de l'étude technique seront connues à la fin de l'année. Le délégataire doit en effet viser le « zéro impact » environnemental sur ce site classé au cœur du parc national de Port-Cros.
Une autre solution est envisagée par la collectivité : un tuyau sous-marin alimentant l'île depuis le continent. « Il conviendra de retenir le moment voulu la solution la plus écologique et la plus efficace », prévient Jacques Politi. Car, sur le continent, les difficultés sont identiques. La nappe du Gapeau est elle aussi menacée par l'intrusion d'eau saline, ce qui oblige la ville à acheter chaque année près de 2 millions de mètres cubes d'eau. Un second projet, plus avancé qu'à Porquerolles, vise donc à détourner de l'eau du canal Jean-Natte pour réinfiltrer la nappe du Gapeau pendant les mois d'hiver lorsque ses eaux ne sont pas utilisées pour l'irrigation.
Ces deux propositions ambitieuses s'inscrivent dans le programme Aqua Renova lancé par Lyonnaise des eaux pour redonner à Hyères son autonomie en eau. Et le troisième axe de ce plan est complémentaire puisqu'il s'agit de limiter la sollicitation des nappes notamment en traquant les fuites, avec l'objectif ambitieux de 90 % de rendement d'ici à 2020. En 2012, cette nouvelle politique a déjà permis de gagner 5 points pour atteindre 85,7 %. l