Le « Forum régional des acteurs du tri et du recyclage » organisé en juin dernier par Eco-Emballages à Nancy pour le Grand Est a rencontré un succès d'audience. Il témoigne de la quête d'échanges d'expérience dans une région considérée comme vertueuse, avec des pointes en Franche-Comté, à 58 kg/habitants pour le tri des emballages et 65 kg pour la valorisation matière (chiffres 2011). Mais « performance ne veut pas dire qu'il n'y a plus de gisements d'amélioration à trouver », a rappelé Christophe Neumann, responsable régional d'Eco-Emballages. La région est également une pionnière, toujours prête à essuyer les plâtres, en dernier lieu ceux de la redevance incitative et de l'extension des consignes de tri. Directeur général d'Eco-Emballages, Éric Brac de la Perrière a salué la « bravoure des élus de l'Est » à s'être lancés dans les innovations. En aval aussi, l'Est se situe en pointe, puisqu'elle concentre 20 % des capacités nationales de recyclage de papier, verre et plastiques, une proportion supérieure à son poids démographique. « Cela fait de l'économie circulaire un vrai atout régional », note Christophe Neumann. Les points de préoccupation n'ont pas été occultés à commencer par les erreurs de tri. Elles résultent de l'insuf-fisante modernisation des centres de tri mais aussi du geste de l'habitant encore en cours d'assimilation. Le Smitom de Haguenau-Sa-verne note des pics de refus à 40 % en apport volontaire sur son territoire regroupant huit syndicats de collecte. Pour y remédier, il lance un dispositif de bonus-malus qui distribue le soutien Eco-Emballages aux « bons » trieurs et facture les refus au coût réel. Franck Tisserand, président de syndicat de collecte et traitement en Haute-Saône, a explicitement soulevé la question économique en ces temps difficiles pour le pouvoir d'achat : « Aujourd'hui, les usagers nous demandent en premier lieu s'ils pourront « se payer » la RI, si le progrès en matière de tri est soutenable pour leur budget ».