Déchets en passe de devenir des produits ou déchets en passe de le rester ? Yprema et son patron Claude Prigent se battent pour que les matériaux qui sortent de leurs centres de traitement soient reconnus comme des produits à part entière avec les avantages et les obligations qui en découlent. Avant d'être reçu par les membres de la commission consultative sur la sortie du statut déchets, le dirigeant d'Yprema a souhaité alerter l'ensemble des intéressés et tout particulièrement les pouvoirs publics, sur le risque qu'il y avait à mélanger des démarches diverses sous des appellations variées. Il craint en particulier que la rédaction en cours d'un guide méthodologique sous l'égide du ministère de l'Écologie et de l'Ademe et avec le concours d'un certain nombre de carriers, ne freine la sortie du statut. Ces fiches méthodologiques, précise Laurent Château en charge du dossier déchets du BTP à l'Ademe, « sont le résultat d'une démarche entreprise voilà une dizaine d'années par la DGPR (direction générale de la prévention des risques) et l'Ademe afin de pouvoir assurer le contrôle qualité des matériaux recyclés et rassurer les utilisateurs. Il n'y a pas d'antagonisme entre les deux démarches ». Ce travail, assure-t-il a été lancé alors même que la directive permettant aux déchets de devenir des produits n'avait pas été promulguée.
Yprema est la première entreprise du secteur à avoir déposé un dossier pour la sortie du statut de déchets. Il est suivi par Federec et le Syndicat des recycleurs du BTP. Ce dernier considère que les réserves opposées à l'utilisation des matériaux recyclés, principalement d'ordre environnemental et culturel (pas envie de modifier les habitudes), seraient levées si ces déchets devenaient des produits. En rassurant les maîtres d'ouvrage et les maîtres d'œuvre, la sortie du statut permettrait « de bien identifier la responsabilité du metteur en marché du produit, alors que, s'il s'agit encore d'un déchet en bout de chaîne de recyclage, il est quasiment impossible de remonter au propriétaire (surtout si les matériaux ont été recyclés plusieurs fois). En approuvant la SSD, le ministère donnera les moyens à la filière de recyclage de se développer, de se professionnaliser et donc d'atteindre les objectifs de 70 % de recyclage », assure sa secrétaire générale Nathalie Debaille Sidos.