Certaines fonctionnalités de ce site reposent sur l’usage de cookies.
Les services de mesure d'audience sont nécessaires au fonctionnement du site en permettant sa bonne administration.
ACCEPTER TOUS LES COOKIES
LES COOKIES NÉCESSAIRES SEULEMENT
CONNEXION
Valider
Mot de passe oublié ?
RECYCLAGE

La propreté, un problème de visibilité

LA RÉDACTION, LE 1er NOVEMBRE 2013
Archiver cet article
Newsletters
Toute l'information de cette rubrique est dans : Environnement Magazine
C'est un rapport par l'image. L'équipe de Christian Guinchard (université de Franche-Comté) a photographié les rues de Mulhouse et de Besançon, en France, de Mohammedia, au Maroc, et de Rufisque, au Sénégal. Cette approche empirique – renforcée par une invitation des habitants à photographier leurs rues – révèle des comportements proches dans les quatre villes, racontant l'histoire d'un dialogue muet et bloqué entre « nettoyeurs » et « salisseurs ». « Les poubelles débordant d'ordures montrent bien ce conflit entre des salisseurs qui déposent autour de la poubelle pleine leurs déchets afin de signifier une défaillance dans le service, et des nettoyeurs, pour qui ce dépôt est un geste d'incivilité », note Christian Guinchard. Ainsi, les rôles sont figés. Pour les nettoyeurs, les habitants et les passants ne peuvent être que des salisseurs. Des salisseurs propres quand ils respectent les règles de bonne conduite et des salisseurs sales quand ils s'en affranchissent. Le rapport à la propreté des rues est complexe et sensible. Lors de leur étude, les chercheurs ont été très souvent apostrophés par des habitants choqués que l'on puisse témoigner de la saleté de leur ville. La propreté de l'espace public ressort en partie du privé. Elle est une part de soi. Dans ce cas, il est tentant – et fréquent – d'associer la saleté à l'étranger. Le fauteur d'incivilité est forcément quelqu'un d'extérieur à la communauté villageoise. Cet argument alimente par exemple à Mulhouse des discours xénophobes. Les chercheurs ont également voulu savoir pourquoi certains endroits restaient invariablement propres. Dans ces rues, il semble que l'espace public acquiert une partie du statut de la sphère privée. Dès lors, jeter à terre un mégot de cigarette ou un papier devient un geste que l'on ne peut accomplir en étant vu par autrui. D'où cette question : n'est-ce pas dans un espace d'intervisibilité, sous le regard des autres qui nous sortent de l'anonymat, que l'on peut se constituer comme « propre » ?


PARTAGER :
À LIRE ÉGALEMENT
Julien Dubourg, Citeo Pro : « REP emballages pro : ceux qui trient bénéficieront d’un retour financier »
Julien Dubourg, Citeo Pro : « REP emballages pro : ceux qui trient bénéficieront d’un retour financier »
Tribune | La gestion des déchets, test de vérité des municipales 2026
Tribune | La gestion des déchets, test de vérité des municipales 2026
Paprec signe un contrat historique : 1,3 milliard
Paprec signe un contrat historique : 1,3 milliard
REP emballages professionnels : un cadre désormais stabilisé, des enjeux colossaux à relever
REP emballages professionnels : un cadre désormais stabilisé, des enjeux colossaux à relever
TOUS LES ARTICLES RECYCLAGE
Les plus lus