Le Conseil de Paris veut relancer la consigne dès l'été prochain. Son efficacité et son impact économique et environnemental posent question. Pour Olivier Castagno, responsable du pôle tri au Syctom, le dispositif de collecte existe depuis 20 ans avec des résultats pour Paris satisfaisants (+ 8 % en 2012 à 12 115 tonnes d'emballages plastiques grâce à l'extension des consignes de tri). Alors que certains pays européens ont renoncé à cette pratique, la consignation parisienne pourrait engendrer plus d'effets indésirables que d'avantages. « En premier lieu, cela pourrait perturber le message national que souhaitent promouvoir les pouvoirs publics pour développer la collecte des emballages ménagers. Autre conséquence : le stockage, sachant que les circuits de retour de la distribution sont déjà très encombrés, sans compter le transfert de responsabilités ». Les recycleurs allemands ont vu passer de nombreux flux sous leurs yeux, destinés à la grande exportation car rachetés par les enseignes au meilleur prix. Si le Syctom cherche de nouvelles pistes pour augmenter la collecte des emballages, celles-ci doivent rester complémentaires au dispositif actuel : « revenir à la consignation risque d'être coûteux car de toute façon, le système actuel demeurera pour traiter les emballages autres que les corps creux ». Le Conseil de Paris envisage de lancer un groupe d'étude sur l'impact économique de cette pratique. Sage décision.