Le numéro que vous demandez n'est plus attribué, votre appel ne peut aboutir ». Ce message laconique pourrait s'appliquer à nos cabines téléphoniques publiques. Elles ont connu leur apogée à la fin des années 1990. Depuis 2000, leur recours est en décroissance. En 2009, le territoire en recensait 145 000 ; en 2012, il en restait 120 000. Selon Orange, ex France Télécoms, le parc devrait se réduire à 103 700 cabines cette année. La disparition progressive de ces publiphones s'impose, explique l'opérateur Orange. L'utilisation de ces appareils est quasiment devenue anecdotique avec l'arrivée en masse de la téléphonie mobile, des smart phones et des abonnements internet défiant toute concurrence. Sur demande des collectivités, l'opérateur démantèle régulièrement des cabines pour libérer de l'espace. Jusqu'à présent les composants en bon état étaient collectés et stockés en vue de la maintenance du parc restant. À terme, le parc est voué à disparaître, il faut donc trouver une filière pérenne de valorisation de ces appareils bourrés de métaux et plastiques recyclables. Depuis plus de dix ans, Orange travaille avec Triade Électronique, filiale de Véolia pour démanteler les cabines dégradées ou en fin de vie. Son contrat vient d'être renouvelé le 1er octobre dernier pour au moins deux ans. Les habitacles sont démontés et traités sur l'ensemble des sites de Triade. Les parties métalliques sont recyclées, les néons dirigés vers les filières adaptées tandis que les combinés en fin de vie commencent eux-mêmes à être démantelés et séparés par matériaux. Triade s'intéresse aussi au devenir du verre de sécurité protégeant les cabines. Une étude est en cours pour trouver des pistes de valorisation. De par ses propriétés antichocs, le verre souvent imprégné de mastic et d'adhésifs reste difficilement acceptable pour la filière de recyclage actuelle.