Les principaux résultats du projet Triptic, heureux acronyme de « Traceurs répartis pour identification des polymères et tri industriel en cadence » ont été présentés par Valérie Massardier, maître de conférences à l'IMP (Ingénierie des matériaux polymères, UMR CNRS 5223), laboratoire porteur du projet. Labellisé par les pôles Axelera et Plastipolis, soutenu par l'ANR (Agence nationale de la recherche) et l'Ademe, Triptic a démarré en février 2010 pour être mené à terme début 2014. Il réunit différents laboratoires et industriels ainsi que l'association Record. « Pendant quatre ans, il a mobilisé une quinzaine de personnes dont sept chercheurs académiques », rappelle Valérie Massardier. Coût total : 2 millions d'euros. L'objectif de Triptic est d'améliorer l'identification des polymères présents, notamment dans les résidus de broyage, pour ensuite les valoriser. Aujourd'hui, moins de 20 % des plastiques des VHU sont recyclés (Source Plastics Europe, 2011). « Les procédés existants tels que la séparation densimétrique par flottation ne permettent pas de trier les fractions broyées en mélange avec un taux de pureté élevé », rappelle Valérie Massardier. En outre, les techniques de détection spectroscopique automatisées, efficaces pour le tri des emballages plastiques (le proche infrarouge en particulier) marquent leur limite face aux plastiques noirs très présents dans les VHU. Des résultats très concluants. Le parti pris de Triptic est de disperser de manière homo-gène dans les plastiques, des traceurs en faibles quantités, sorte de code-barres pour leur détection par fluorescence X ou UV au cours du tri. Au fil des mois, différents traceurs chimiques ont été testés, en particulier à base de terres rares. Parmi les attentes principales des expérimentations : la détermination des meilleurs traceurs, leur détection à haute vitesse et la conservation des propriétés mécaniques des polymères. Le bilan de Triptic est très concluant. Le LCPI Arts et Métiers ParisTech de Chambéry a développé, dans le cadre d'une thèse, un prototype en fluorescence UV pour identifier à haute vitesse des polymères grâce à la détection de quatre traceurs fournis par Tracing Technologies (Versailles) incorporés à des concentrations inférieures à 100 ppm. Selon les chercheurs, les coûts ne sont pas rédhibitoires. Et les vitesses de détection sont compatibles avec le tri industriel. « La technique de fluorescence X développée par le CEA-LITT (Saclay) donne des résultats très encourageants pour au moins deux traceurs même si les concentrations sont plus élevées (250 ppm) » note Valérie Massardier. Les deux prototypes ont été testés sur un convoyeur fourni par Pellenc ST (Pertuis). Les pièces de polymères ont été fabriquées par l'équipementier POAE (Plastic Omnium). L'enjeu soutenu par Renault est d'aller « vers une codification des plastiques à l'échelle européenne », souligne-t-elle. Une rencontre est prévue avec Plastic Europe début 2014. « Nous avons montré la faisabilité de la technologie, il s'agit maintenant de savoir quelle codification des polymères peut être envisagée. »