La fin de l'année approche et les résultats relatifs à l'expérimentation sur l'extension des consignes de tri des plastiques ménagers se précisent. De cette opération lancée en 2012 dans 51 collectivités (3,7 millions d'habitants) et 32 centres de tri, Eco-Emballages tire trois enseignements ou plutôt voit ses prévisions se confirmer dans trois domaines : malgré la diversité des communes engagées, la collecte fonctionne dans son ensemble, sans besoin logistique supplémentaire. Au niveau des centres de tri, l'expérimentation révèle des problèmes d'adaptation pressentis avec un réel besoin de modernisation. Enfin, le recyclage pose encore plusieurs difficultés techniques en présence de certaines résines comme le PET bouteille et le PET barquette, les flux de PVC, les multicouches ou encore les films PE. Pour la filière, les travaux sur les procédés doivent se poursuivre en misant sur la qualité de la matière en relation avec les transformateurs industriels. À ce jour, hors de question pour Eco-Emballages de faire marche arrière qui a investi 25 millions d'euros dans l'opération. Pour preuve, Eco-Emballages signe un nouveau contrat de trois ans avec les collectivités déjà engagées et présentera en mars prochain, son projet de déploiement sur le territoire. « Peu importe le temps que cela nécessite, il nous faut bâtir un planning commun autour de plusieurs étapes. Chaque collectivité, chaque opérateur doit avoir une visibilité pour organiser son projet et investir » insiste Carlos de los Llanos, directeur du département Recyclage. Priorité sera donnée aux collectivités où la mise en œuvre de l'extension sera facile. Des objectifs économiques seront également fixés. Au regard du soutien payé par l'éco-organisme pour cette expérimentation, de l'ordre de 1 500 euros la tonne, il n'est pas soutenable de continuer ainsi. La barre a été fixée à 800 euros la tonne recyclée. Ce soutien est comparable à celui payé pour les balles de bouteilles plastiques à ce jour. Les collectivités se situant au-dessus de ce coût devront d'abord adopter des pratiques plus économiques, avant d'intégrer l'extension des consignes de tri. D'autant qu'en aval, les balles de nouvelles résines n'ont pas la même valeur commerciale (en moyenne 100 euros/t) qu'une balle de bouteilles (environ 280 euros/t en garantie de reprise).