Les marchés du recyclage des plastiques évoluent avec contraste d'une sorte à l'autre. Des tensions importantes sont observées sur le PET issu de la collecte sélective, s'inquiète Albert Azoubel, président de Federec Plastiques. Avec une baisse de la résine, le rPET n'est plus compétitif et les industriels n'hésitent pas dans ces moments-là, à choisir du vierge. « Or pour conserver une marge, on doit maintenir un écart d'une centaine d'euros. Les professionnels du recyclage sont obligés aujourd'hui de baisser leur prix de vente, mais pas trop, pour épargner les régénérateurs, en proie à des difficultés eux aussi ». Selon Albert Azoubel la démarche est difficile à faire admettre à Eco-Emballages qui s'étonne de voir le prix des balles PET en Allemagne, supérieur au prix français : « si l'on veut augmenter le prix de nos balles, encore faut-il atteindre le même taux de rendement que les balles allemandes, 82 % contre 72 % chez nous ». Autre sujet d'inquiétude, l'insuffisance du gisement de PET qui ne permet pas de faire tourner à plein régime des usines comme FPR : « nous nous interrogeons sur l'avenir de l'extension des consignes de tri qui n'a entraîné à l'échelle de l'expérimentation, qu'une hausse de quelques kilos d'emballages plastiques par habitant, dont la plupart ne disposent pas encore de filière industrielle pérenne ». C'est pourquoi, Federec Plastiques a souhaité être force de proposition en présentant en début d'année prochaine, un standard matières pour les nouveaux flux. À l'étranger, et en particulier en Asie, la réalité ne reflète pas forcément les décisions politiques. Preuve en est sur le Green Fence, où selon plusieurs recycleurs français, les déchets plastiques continuent de partir en conteneurs pour la Chine. Bouteilles, films de moyenne qualité, ABS/PC font même l'objet d'une demande soutenue à des prix stables. Les négociants hollandais qui expédient l'essentiel de leur marchandise vers l'Asie, ne semblent pas trop gênés dans leurs pratiques commerciales. En Europe, la demande est là, même si les deux secteurs consommateurs que sont l'automobile et le bâtiment ne connaissent pas encore de vraie reprise. Les échanges avec certains pays comme l'Italie s'avèrent risqués car les entreprises acheteuses n'ont pas toujours les reins solides. La sécurité financière reste aléatoire. À l'heure du bilan 2013, la profession ne semble pas pâtir de mauvais résultats. Les marges ont pu être rétablies pour certaines entreprises grâce à des prix stables.