Aucune ville ni village ne sont épargnés par ce fléau : des déchets abandonnés sur la voie publique, et souvent à des emplacements récurrents. Pour lutter contre ces incivilités, les élus doivent combiner prévention, réaction et punition. Et ne jamais relâcher leurs efforts.
Face à un abandon de déchets, souvent des encombrants, la première chose à faire est de les enlever, car un petit tas devient vite un gros monticule. À Paris, la brigade environnement est composée d'une centaine d'inspecteurs de salubrité, qui constatent, enquêtent pour identifier le propriétaire des détritus et commandent l'enlèvement. À Argenteuil, dans le Val-d'Oise, une équipe sillonne la ville six jours par semaine, et les déchets ne restent pas sur le trottoir plus d'une demi-journée. Un numéro vert est à la disposition des habitants pour signaler ces dépôts sauvages. La ville utilise également ses caméras de vidéosurveillance pour retrouver les coupables.
Si, en théorie, les déchets doivent être apportés dans les déchèteries, la réalité oblige les élus à multiplier les services pour éviter les dépôts sauvages. L'agglomération Argenteuil-Bezons mise notamment sur les déchèteries mobiles. « Nous avons créé ce service de proximité en 2010, pour compléter l'unique déchèterie fixe de notre territoire, assez étendu. Aujourd'hui, sept déchèteries mobiles circulent sur Argenteuil, et trois sur Bezons. En quatre heures, elles peuvent recevoir jusqu'à 60 visites. Cela complète la collecte hebdomadaire des encombrants. Grâce à ce dispositif, la ville est beaucoup plus propre », note Renée Karcher, adjointe à la vie des quartiers et à la proximité à Argenteuil.
D'autres misent sur un service d'en lè-vement à la demande. Paris, depuis un an, et Marseille, depuis avril 2013, ont choisi de simplifier le leur. En plus de la classique demande par téléphone, des formulaires en ligne sont disponibles sur le site de la ville. À Paris, la réservation se fait la veille pour le lendemain. « Ce service est gratuit, ce qui est atypique. Et les usagers ne le savent pas assez », estime Sylvie Borst, à la direction de la propreté et de l'environnement de la Ville de Paris. « Pour les personnes incapables de se déplacer jusqu'à la déchèterie, nous proposons un service de proximité payant : 15 euros pour enlever jusqu'à trois objets à domicile, huit euros en limite de propriété, avec des réductions pour les personnes à faibles ressources », détaille Gilles Mahé, délégué à l'environnement et à la propreté des espaces publics à Angers Loire Métropole.
L'agglomération, comme Lille Métropole et d'autres, a supprimé les collectes en porte-à-porte au fur et à mesure que le territoire était desservi par les déchèteries. Elle expérimente cependant avec un bailleur social la création de points de collecte de plusieurs flux (déchets électroniques, meubles, textiles, etc.), fermés, gérés par les gardiens d'immeuble, afin de limiter les dépôts sur la voie publique. Un dispositif qui a déjà fait ses preuves à Lille Métropole Habitat depuis 2009. L'éco-organisme Eco-Systèmes, partenaire de l'opération, souhaite d'ailleurs la généraliser : il a lancé un appel à projets national en 2012 et retenu 26 collectivités.